Dr Abdelkarim Derbal, Président de l’Association des médecins de famille de Sfax

1. Quelles sont les spécificités de ces journées et qu’est-ce qui a motivé le choix des thèmes abordés ?

Les 4èmes Journées de médecine de famille de Sfax et 2ème Congrès méditerranéen de médecine de famille ont été consacrés à des thèmes essentiels comme la stratégie nationale de prévention du suicide, l’insulinothérapie et l’importance de la rationalisation de l’usage
des antibiotiques. En outre, des ateliers visant l’apprentissage par la simulation dans la prise en charge des patients pour améliorer les compétences et les pratiques en médecine de famille ont été organisés.
La particularité, cette année, réside dans la programmation de conférences en langue arabe du fait de la présence d’experts des Emirats Arabes Unis, d’Algérie, d’Egypte et de Palestine.
Nombreux ont été les participants venus de Ben Guerdane, Monastir, Mahdia, Sousse, du Nord Ouest et de Tunis et nous avons bénéficié de la présence du Pr Joël Schellens et du Dr Nadine Kacenelenbogen du département de médecine générale de l’Université Libre de Bruxelles.

2. Comment se déroule l’apprentissage par simulation ?

Il se fait par l’usage de mannequins pour former sur des situations d’urgence vitale comme les états de choc, l’arrêt cardiaque, les problèmes coronariens et les douleurs aiguës. Ce sont des cas souvent rencontrés dans la pratique des médecins de famille.

3. Quelles conclusions tirez vous suite à la réussite de ces journées ?

Lors des prochains congrès, nous insisterons davantage sur les ateliers et la simulation, qui ont suscité beaucoup d’intérêt de la part des participants. Notre objectif est d’améliorer les compétences des médecins de famille, l’apprentissage par la simulation et la qualité des soins, la prise en charge des patients devant être générale, globale, continue, coordonnée et collaboratrice, avec un suivi orienté assuré par le médecin de famille en tant qu’expert médical, gestionnaire et promoteur de la santé.
Il s’agit de promouvoir la médecine de famille et de donner aux médecins la marche à suivre dans la prise en charge des patients en première ligne, l’objectif étant de réduire les recours aux spécialistes et ainsi de diminuer les coûts en santé.

(Lire introduction aux 4èmes journées des médecins de famille)

Dr Lotfi Gassara

Dr Lotfi Gassara, Vice-Président de l’Association des médecins de famille de Sfax

Cette année, nous avons mis l’accent sur les ateliers pratiques pour améliorer les compétences des médecins, la formation médicale continue étant d’une importante capitale en raison des nouveautés qui apparaissent chaque année et de la nécessité, pour le médecin, d’être à jour pour une prise en charge de qualité du patient.
Par ailleurs, les recommandations médicales changent sans cesse du fait des maladies émergentes et des changements des modes de
vie et l’on ne peut traiter un patient avec des connaissances qui datent, celles-ci devant être régulièrement mises à jour et suivre l’actualité en matière d’organisation des soins.

Dr Mohamed Rabaie

Dr Mohamed Rabaie, Président de l’Association de médecins de famille et coordinateur général de médecine de famille au ministère de la Santé – Palestine

1. Parlez-nous de votre participation à cet événement.

Je suis venu présenter notre expérience palestinienne en matière de médecine de famille, avec les problèmes que nous affrontons et les défis que nous devons relever. Nous avons souhaité échanger et partager avec nos confrères tunisiens, arabes et européens les différentes thématiques.
En fait, en Palestine, nous avons besoin du soutien de nos confrères experts issus d’institutions diverses et j’espère que la colonisation ne soit pas une entrave à la poursuite de la collaboration avec les médecins et le réseau des associations de médecins de famille. C’est ma première visite en Tunisie et j’escompte revenir.

2. Qu’en est-il de la médecine de famille en Palestine et quelles sont ses perspectives ?

C’est un secteur développé très récemment, puisque la spécialité de médecine de famille a été fondée, pour la première fois, à la faculté Ennajah en 2013, 2016 ayant vu les six premiers diplômés en la matière.
En comptant ceux venus d’autres pays, nous avons vingt médecins de famille pour deux millions d’habitants et dix étudiants sont en cours de formation. Notre association vient juste de voir le jour, il y a seulement six mois, puisque c’est en avril 2016 que nous l’avons créée. Nous comptons renforcer et développer cette spécialité, avec l’aide du ministère de la Santé palestinien qui a intégré 15 médecins généralistes à un programme de formation dans cette spécialité. Nous pourrons ainsi compter 45 médecins de famille d’ici les deux prochaines années. En Palestine, nous avons 2.143 médecins généralistes, soit 71 % de la totalité des médecins en exercice.

3. Quels sont les besoins du secteur en Palestine ?

Ils sont variés et consistent en la nécessité de mettre en place des centres de stage et des sites de formation. En outre, nous ne
bénéficions pas de travaux de recherche, d’un programme de formation et les évaluations manquent.

4. Quels défis devrez-vous relever dans votre pays ?

Les prochaines années devront nous voir consolider les compétences des médecins de famille, développer la formation continue, accompagner les médecins formés et gérer leurs affectations aux divers postes. Par ailleurs, à l’heure actuelle nous bénéficions d’une expertise internationale que nous aimerions renforcer notamment avec le savoir-faire de nos confrères arabes issus de Tunisie, d’Egypte, de Jordanie et d’Arabie Saoudite. Il faut cependant compter avec les contraintes quotidiennes auxquelles est confronté notre peuple sous
le joug de la colonisation.

Lire la suite des interviews du 2ème Congrès méditerranéen de médecine de famille

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