Technologie médicale : la médecine nucléaire

La médecine nucléaire est une technique d’imagerie fonctionnelle qui consiste en l’administration d’un traceur radioactif au patient puis en la détection du rayonnement émis. Les examens réalisés sont les scintigraphies (émission de rayonnements gamma) ou les examens TEP (TEP : Tomographies d’émission de positons). On peut faire un examen d’imagerie en médecine nucléaire pour vérifier la structure et le fonctionnement de tissus ou d’organes, comme le cerveau, la glande thyroïde, les poumons, le cœur, le foie, la rate, les reins et les os, détecter la maladie dans les organes ou les os, trouver des tumeurs, en particulier dans les os et la glande thyroïde, déterminer jusqu’où le cancer s’est propagé, s’il est présent dans d’autres organes et tissus (stade) et savoir si le traitement du cancer est efficace. 

Kamel Bouaouina

La médecine nucléaire regroupe l’ensemble des techniques d’imagerie moléculaire utilisant comme « traceurs » des molécules radio-marquées. L’imagerie nucléaire est une modalité de l’imagerie que l’on peut qualifier de « biologique » ou de « moléculaire ». Elle permet de visualiser in vivo, sous forme d’images, de multiples processus biochimiques et biologiques caractéristiques du vivant et ce, à une échelle cellulaire et moléculaire. Cette discipline connaît un grand essor depuis le début des années 2000 avec l’arrivée de nouveaux radio-pharmaceutiques et d’une nouvelle technique de détection : la TEP-TDM (ou PET-scan) qui est venue compléter l’activité classique de cette discipline, à savoir les scintigraphies. Les grands domaines d’application de la médecine nucléaire sont  la cancérologie, la cardiologie, la neurologie. Elle a aussi des applications en rhumatologie, en endocrinologie, en néphrologie et  en pathologie. C’est dans ce cadre que s’inscrit la tenue des 5èmes Journées tunisiennes de médecine nucléaire organisées par la Société tunisienne de médecine nucléaire (STMN) à l’hôtel Méhari à Hammamet. « Cette manifestation, comme l’a précisé Pr Mohamed Faouzi Ben Slimene, Président de cette manifestation, offre aux praticiens  une occasion idéale de poursuivre leur formation médicale continue, de se renseigner sur les progrès récents, les développements de la recherche  et de pouvoir profiter d’échanges d’expérience. Cette 5ème édition   est un événement scientifique international phare depuis plusieurs années, un lieu  de rencontre dans le domaine de la médecine nucléaire qui reflète la diversité de la discipline : oncologie, cardiologie, neurologie, infectiologie, etc. Notre choix a porté cette année sur les tumeurs neuroendocrines et sur l’oncologie gynécologique. Une place particulière a été réservée à la radioprotection et à l’assurance qualité en radio pharmacie, étant donné leur importance grandissante en pratique quotidienne, aussi bien pour le corps médical que paramédical. Cette  radio pharmacie concerne le médicament radio pharmaceutique et son environnement. Un tel médicament est dit radio pharmaceutique parce que son originalité première est de contenir un ou plusieurs isotopes radioactifs. Le secteur de la radio pharmacie est étroit. On compte moins de 100 médicaments radio pharmaceutiques sur le marché. Mais il est essentiel au fonctionnement des services de médecine nucléaire, tant dans le domaine de l’imagerie médicale que dans celui de la thérapie métabolique. » Des débats sur l’avenir de la spécialité, sur le cursus de formation des jeunes de la discipline et sur la question de l’équivalence des diplômes ont clôturé ces 5èmes Journées qui ont montré l’intérêt de ces nouvelles thérapies reposant sur de minuscules éléments radioactifs, produits sur place, de période courte, qui agissent sur les cellules malades sans détruire les voisines. Dans peu de temps, les traitements par rayons ou chimio seront remplacés par ces thérapies.