Lutte contre le virus Zika : une urgence de santé publique

Sachant qu’il se disperse très rapidement, qu’il engendre la microcéphalie des bébés et qu’il représente un risque de syndrome de Guillain-Barré chez les adultes, le virus Zika est considéré comme une menace majeure de santé publique, amenant l’OMS à déclarer que la lutte contre ce virus représentait une urgence.

Le mécanisme biologique reliant le virus Zika à la microcéphalie ayant récemment été déterminé, de nouvelles pistes de traitements potentiels sont apparues avec des chercheurs de l’Université du Texas. S’étant intéressés aux protéines IFITM (interferon-induced transmembrane protein), ces facteurs de restriction inhibant la réplication de différents virus comme le West Nile ou la dengue, ceux-ci ont découvert que IFITM3 inhibe, à un stade précoce du cycle viral, l’infection par le Zika et ce, en inhibant sa réplication. IFITM3 prévient, en outre, la mort cellulaire que le virus induit. Autant de points forts de cette protéine qui réduit la capacité du virus à infecter les cellules du cerveau.
Les chercheurs ont constaté qu’en augmentant les quantités d’IFITM3 dans des cellules humaines ou de souris, ils induisaient des modifications de la membrane cellulaire, rendant plus difficile l’infection par le virus. Au contraire, lorsque les cellules contiennent moins d’IFITM3 que la normale, le virus rompt plus facilement leurs défenses et se réplique en leur sein. Seulement ces travaux ont été réalisés sur des cellules de souris et d’hommes cultivées en laboratoire, d’autres études étant donc nécessaires pour mieux comprendre les potentialités de cette protéine in vivo. Toujours est-il que cela laisse présager d’un traitement contre le Zika, mais aussi contre les virus qui lui sont proches, consistant en un moyen d’augmenter les taux d’IFITM3 dans l’organisme.