Ne craignez rien, ce titre est dépourvu de toute déclaration hostile Pyangyangienne. S’il est une guerre dont le tunisien maîtrise l’art et les codes c’est bien « La Polémique » sport de combat national ou les sujet peuvent varier de la mer de pétrole souterraine fantasmée, à l’appel au boycott de tel ou tel artiste, de Wonder women à Michel Boujnah, passant par le prix des piments ou Persépolis, des glibettes blanches au match de Malek Jaziri.

A chaque saison, si ce n’est chaque jour sa polémique.

Il est à ce propos très intéressant de noter que la révolution jasminée, et les réseaux sociaux ont beaucoup facilité l’accès à cet exercice. Plus étonnant encore les sujets de la polémique, et l’enchaînement des réactions du simple statut Facebook, au communiqué de presse gouvernemental qui détonnent de fatuité face aux urgences réelles. L’espace publique très récemment réinvesti est un terrain de jeux, à celui qui criera le plus fort. Pour cela bien sûr le soldat polémiste doit s’armer d’une bonne cause « fédératrice » d’insultes ciblées d’appel au boycott émouvant et d’une virulente médiagénie.
Exit lutte contre la corruption, sécheresse, menaces sécuritaires, surendettement des caisses sociales, secteur de la santé en panne, taux du dinar effondré, tout cela peut attendre. Exit les abus de confiance, les circoncisions sauvages, dans les CHU… Ici on discute, et l’on se traite de traître, d’antisémite et de sioniste, d’acteur de la censure et de vendu israélien, pour un spectacle de comédie : ici on fait la diplomatie de la bravoure parlée, de l’honneur verbal, ici on se livre une guerre sans engagement, une guerre sans motif et sans but, et dont le médiateur, parfois le sommet de l’état est obligé de prendre position dans ce paysage oscillant entre un absurde kafkaïens et de réalisme magique pathétiquement insignifiant.
Les voies de l’engagement ne sont pourtant pas impénétrables, pendant que artistes, droithommistes, prêcheurs des causes justes, syndicat et même jusqu’au sommet de l’état la bataille de verbe et de communiqués pour ou contre la tenue d’un spectacle se poursuit, la Faculté de Médecine de Tunis et son valeureux Doyen, Pr Ahmed Mehrezi ont organisé les premières journées Médicales tuniso-palestiniennes et fondé l’association médicale tuniso-palestienne afin de donner corps et vie à un engagement envers l’Humain et pour cette cause chère au coeur de chaque tunisien.
Mais pour qui sonne le glas ? Ici on préfère s’insulter on agira plus tard ou pas et cet évènement, historique, a été occulté par un non événement spectaculaire.
Que peut on nous souhaiter pour cet été, à part de livrer les vraies batailles ?

Amel Dhaouadi