Une nouvelle recherche met lumière sur un nouveau mécanisme qui interfère avec la capacité de notre ADN à se réparer, prédisposant génétiquement certaines personnes au cancer du côlon.

La nouvelle étude a été publiée dans la revue Nature Chemistry, dont l’auteur est Kevin J. McDonnell, du Norris Comprehensive Cancer Center, basé à l’Université de Californie du Sud à Los Angeles.

Un mécanisme qui interfère avec la capacité de notre ADN à se réparer, prédisposant génétiquement au cancer du côlon.

Jacqueline Barton, co-auteur de l’étude – John G. Kirkwood et Arthur A. Noyes, professeur de chimie au California Institute of Technology de Pasadena – a été le premier chercheur à identifier un processus d’ADN appelé «transport de charge d’ADN».
Le transport de charge d’ADN fait référence au processus par lequel les électrons se déplacent à travers la double hélice de l’ADN, envoyant des signaux aux protéines dites de réparation de l’ADN afin de commencer à réparer les dégâts trouvés.

Dans la nouvelle étude, les chercheurs montrent comment une variante génétique couramment trouvée dans le cancer du côlon perturbe ce processus de transport de charge de l’ADN. Les résultats peuvent avoir des implications importantes dans la prévention du cancer du côlon.

McDonnell et ses collègues concluent: «Nous avons documenté et fourni une explication pour un nouveau mécanisme de polypose colique et de prédisposition au cancer lié à un compromis électrochimique du groupe MUTYH [fer-soufre].

McDonnell et ses collègues se sont concentrés sur une mutation dans un gène appelé MUTYH. Normalement, MUTYH fournit des instructions pour créer une protéine de réparation de l’ADN.Les mutations génétiques dans MUTYH, affectent la capacité de l’ADN à réparer ses propres erreurs. Les Mutations MUTYH ont également été associés à la polypose, ou la formation de polypes dans le côlon qui peut conduire plus tard au cancer.

Dans cette étude, les chercheurs se sont concentrés sur une mutation de MUTYH appelée C306W, qui affecte la capacité de MUTYH à retenir et à maintenir ensemble un minuscule groupe d’atomes de fer et de soufre à l’intérieur de la protéine. En effet, les expériences électrochimiques dans l’étude ont révélé que la mutation C306W fait que le groupe fer-soufre se dégrade au contact de l’oxygène. Les agrégats fer-soufre (fournissent les électrons dont les protéines ont besoin pour « s’accrocher » à la double hélice de l’ADN et « scanner » les dommages), sont essentiels pour la réparation de l’ADN, cette dégradation empêche donc la protéine MUTYH de faire son travail de réparation de l’ADN.

Le travail fournit une stratégie pour réfléchir à la façon de stabiliser éventuellement ces protéines de réparation et de restaurer leur capacité à effectuer la signalisation à long terme par l’ADN, afin que les protéines de réparation puissent trouver et réparer les mutations dans l’ADN avant qu’elles ne conduisent au cancer selon le professeur Barton.

Source : NatureChemistry , A human MUTYH variant linking colonic polyposis to redox degradation of the [4Fe4S]2+ cluster