Les scientifiques du Centre de recherche sur le cancer de l’ovaire à l’Imperial College de Londres ont découvert un mécanisme qui désactive les cellules cancéreuses de l’ovaire.
 
Les résultats, publiés dans EMBO Reports, pourraient conduire à de meilleurs traitements pour les femmes atteintes d’un cancer de l’ovaire.
La recherche a trouvé un nouveau mécanisme pour une protéine appelée OPCML Opioid-binding protein/cell adhesion molecule.

Un agent suppresseur de tumeurs

Cette protéine est connue comme un suppresseur de tumeur, car elle empêche les cellules cancéreuses de proliférer.Les scientifiques ont maintenant constaté que lorsque l’OPCML est remis dans les cellules cancéreuses, cela désactive intelligemment l’action de la protéine appelée AXL.Des recherches antérieures ont montré que la protéine AXL accélère la croissance et la propagation des cellules cancéreuses de l’ovaire.
Des essais cliniques sont déjà en cours pour les traitements qui bloquent l’AXL, appelés inhibiteurs de l’AXL.
 
Cette nouvelle recherche au stade précoce démontre le potentiel de minimiser le traitement avec les inhibiteurs de l’AXL, et à son tour de réduire les effets secondaires pour les femmes traitées pour le cancer de l’ovaire.
 
Lorsque l’AXL est activé, il rend les cellules cancéreuses plus agressives, augmentant leur capacité à se déplacer et à se propager à d’autres parties du corps.
La recherche a été financée par l’organisme caritatif de recherche médicale ‘Ovarian Cancer Action’ et réalisée au Centre de recherche sur le cancer de l’ovaire à l’Imperial College de Londres.

Synopsis :

Le suppresseur de tumeur à ancrage GPI OPCML interagit avec l’oncogène RTK AXL induisant sa redistribution dans des domaines membranaires riches en cholestérol. Là, AXL est déphosphorylé par la phosphatase résidente PTPRG, inhibant la signalisation, la motilité et l’invasion dépendant de l’AXL.
La liaison de Gas6 à l’oncogène RTK AXL favorise son interaction avec le suppresseur de tumeur OPCML.
Le complexe Gas6 / AXL / OPCML s’accumule dans les domaines lipidiques riches en cholestérol, où la phosphatase PTPRG déphosphoryle AXL.
L’action coordonnée d’OPCML et de PTPRG bloque la signalisation d’AXL et inhibe la motilité stimulée par Gas6 et l’invasion dans les cellules cancéreuses de l’ovaire.
 
L’étude, co-rédigée par le Dr ChiaraRecchi et le Professeur Hani Gabra, a montré que puisque l’OPCML bloque déjà la plupart des AXL, il faut beaucoup moins d’inhibiteur de l’AXL afin de neutraliser les cellules cancéreuses de l’ovaire.
 
Il est à savoir que les inhibiteurs présentent toujours un certain degré de toxicité, si la dose de l’inhibiteur peut être réduite, les patientes devront subir moins d’effets secondaires.

L’étape suivante consiste à développer l’OPCML en tant qu’agent thérapeutique.

Puisque l’OPCML agit sur la partie externe des cellules, son administration à la surface des cellules cancéreuses pourrait représenter une stratégie thérapeutique efficace. En outre, OPCML est une protéine «naturelle» présente dans la plupart des cellules de notre corps, il devrait donc avoir une toxicité minimale.
Dr Jane Antony, associée de recherche et première auteure de l’étude admet que cette étude permettra de concevoir de nouvelles stratégies de traitement pour lutter contre le cancer de l’ovaire récidivant et agressif, pour lequel les options de traitement sont actuellement limitées.
 

Source : Jane Antony et al. The tumour suppressor OPCML promotes AXL inactivation by the phosphatase PTPRG in ovarian cancer, EMBO reports (2018)