Une nouvelle combinaison d’immunothérapie prometteuse pour le cancer du rein avancé

Une équipe de scientifiques de l’Université de Georgetown apporte les premières données d’innocuité, et d’efficacité d’une nouvelle combinaison d’immunothérapie dans le traitement du cancer du rein avancé. Cet essai clinique de phase I mené chez des patients atteints d’un cancer du rein avancé, a été publié dans The Lancet Oncology, montrant l’efficience d’une combinaison d’une substance d’anti-angiogenèse et d’un agent immunothérapeutique inhibiteur du mécanisme d’autodéfense des cellules cancéreuses contre le système immunitaire, à la fois comme doublement efficace et bien tolérée par les patients. Il s’agit bien de l’association d’un agent anti-angiogenèse d’axitinib (Inlyta), qui entrave la formation de vaisseaux sanguins, et d’un agent immunothérapeutique, le pembrolizumab, un inhibiteur du mécanisme d’autodéfense utilisé par les cellules cancéreuses pour échapper à la destruction par les cellules immunitaires du corps.
La combinaison a démontré une activité antitumorale prometteuse et l’absence d’effet secondaire sévère. Selon l’un des chercheurs, la combinaison n’avait jamais été testée. Axitinib (Inlyta) est un inhibiteur de l’angiogenèse, a été approuvé par la Food and Drug Administration des États-Unis (FDA) en 2012 pour le traitement des patients atteints d’un cancer du rein avancé après l’échec thérapeutique systémique antérieur. Le pembrolizumab est un inhibiteur du processus d’autodéfense des cellules cancéreuses qui est approuvé par la FDA pour le traitement des patients atteints de plusieurs types de cancer, dont le mélanome, le cancer du poumon, de la vessie et de la tête et du cou. Ce traitement n’a été étudié que de façon très limitée chez les patients atteints de cancer du rein. Dans ce contexte, il est à souligner que les précédents tests de combinaisons d’agents anti-angiogenèse et d’immunothérapie avaient engendré des concentrations de toxicité inacceptables. En revanche, l’association thérapeutique axitinib-pembrolizumab testée chez un groupe de 52 patients atteints d’un carcinome rénal avancé, s’avère ici suffisamment tolérable pour permettre une administration aux doses approuvées par la FDA.
Au-delà de l’innocuité, la combinaison double l’efficacité des médicaments utilisés seuls, a révélé le Dr Michael B. Atkins, directeur adjoint du Georgetown Lombardi Comprehensive Cancer Center et auteur principal de l’étude, plus de 90% des patients ont bénéficié d’une réduction significative de la tumeur et d’une survie sans progression d’une durée médiane de plus de 20 mois, pour un sous-groupe de 11 patients, trois n’ont pas toléré l’axitinib et ont reçu moins de 75% de la dose prévue en raison d’une toxicité, huit patients ont éprouvé des effets secondaires gérables, ce qui a permis de préciser la dose recommandée, environ 73% des patients ont présenté un rétrécissement tumoral significatif en réponse à la polythérapie et une durée de survie sans progression de 20,3 mois et 88% des patients étaient encore en vie au moins 18 mois après le début du traitement.
Cette combinaison thérapeutique s’est avérée donc une nouvelle piste prometteuse pour les patients atteints d’un cancer du rein.