Dr Sonia Ben Cheikh et Dr Ridha Gataa se passent les relais de leurs institutions respectives.

chassé croisé à la santé

Dr Sonia Ben Cheikh, De l’exportation des services à l’ONFP, une carrière menée tambour battant

Une femme reprend les commandes de l’Office National de la Famille et de la Population (ONFP) et pas des moindre. Dr Sonia Ben Cheikh, figure connue du monde de la santé vient d’être nommée à la tête de cette institution stratégique pour la Tunisie et dont le rôle n’a cessé de croître, ainsi que les missions passant du contrôle démographique à la santé de la femme et de la famille, la santé sexuelle et reproductive, ainsi que la prise en
charge psychologique des femmes victimes de violence.

Samira Merai

Dr Samira Merai, Ministre de la Santé

Quel beau message que cette nomination de Dr Sonia Ben Cheick en cette Journée internationale de la femme. Peut-on dire vive les femmes en Tunisie ?

A l’occasion du 8 mars, journée internationale de la femme, nous avons l’occasion d’évaluer la situation de la femme en Tunisie. J’étais Ministre de la Femme et aujourd’hui j’occupe le poste de Ministre de la Santé, et dans tous les cas, mon énorme confiance en les femmes ne se dément pas, en tant que responsable. Aujourd’hui, la nomination de Sonia Ben Cheikh à la tête de l’ONFP est tout un symbole pour cette importante institution qui a besoin d’une femme à la tête de sa direction et ce, afin d’atteindre les résultats et indicateurs que l’on s’est
fixés. Nous visons particulièrement la mortalité maternelle qu’on voudrait faire baisser. Pour la femme tunisienne, les droits des femmes, c’est notre combat à toutes et à tous.

Aujourd’hui vous avez cité que les personnes qui passent plus de trois ans dans un poste de responsabilité et l’impact sur la motivation ?

Parmi les piliers du management d’une entreprise, un manager ne reste pas trois ans dans la même responsabilité. C’est ce que l’on doit retenir aussi pour la gestion de notre pays. En fait, tout individu peut apporter une valeur ajouté lorsqu’il change de la mission qu’il occupe, ce qui entraîne un brin de motivation. L’équipe du responsable
apporte un nouveau souffle dans le cadre du travail fourni. L’administration doit aussi oeuvrer avec la motivation, le travail d’équipe. En effet, quand une équipe sait où elle veut parvenir et les objectifs à atteindre, elle y accède avec succès.

On dénote pourtant certains déficits notamment dans les ressources humaines dans les institutions sanitaires, qu’en pensez-vous ?

Dans les institutions sanitaires, nous déplorons un manque de ressources humaines que ce soit dans les régions, ou dans les hôpitaux dans les zones urbaines et les établissements centraux de santé. Nous sommes en train de mener une politique de rationalisation. Nous savons que le pays passe par des difficultés socio-économiques. Mais, on ne peut réformer le système de la santé qu’avec les cadres de la santé. Aujourd’hui, tous les professionnels de santé sont au service de la santé du citoyen tunisien, et c’est ce qu’on demande.

Sonia Ben Cheickh

Dr Sonia Ben Cheickh, Présidente directrice générale de l’ONFP

Après un parcours exemplaire dans la Santé en Tunisie, vous voici avec une nouvelle mission et pas des moindres, à la tête de l’Office National de la Famille et de la Population. Vos premières impressions…

C’est une mission certes difficile. J’espère avant tout être à la hauteur de la confiance dont m’a honorée la ministre de la Santé. Avec bien sûr la collaboration et le travail de tous les cadres et les agents de l’ONFP au niveau central et régional ainsi que l’administration centrale du Ministère de la Santé sans lesquels rien ne serait possible. Quand on travaille ensemble, main dans la main, on peut avancer. Je crois au travail d’équipe et à l’esprit collaboratif.

Au niveau de l’ONFP, il y a un manque de ressources humaines, quelle sera votre démarche dans ce contexte ?

Je me donne une période de quinze jours à trois semaines afin d’évaluer la situation et d’émettre mon diagnostic. En fait, je ne crois pas à un manque de ressources, chose que des gens pourraient me reprocher. En revanche, ce qu’il nous faut, c’est une bonne répartition du personnel y compris en ce qui concerne les ouvriers et les agents. Il y a des employés qui sont affectés dans des bureaux mais sans aucune tâche! L’administration dénonce le manque de ressources alors qu’un « re-dispaching » du personnel peut régler la question. En nombre et en effectif, nous disposons de ce qu’il faut en Tunisie. La force de notre pays est dans ses ressources humaines. Je crois à ma vision, à savoir mettre en place les bonnes personnes à la bonne place pour qu’on puisse avancer.

L’ONFP a connu durant les trois dernières années une pleine activité, de la continuité des programmes, des actions de communication, d’information et de sensibilisation, comment ciblez-vous la continuation, le renforcement et la promotion des services de références et d’expertise en matière de planning, de formation et de santé de la reproduction ?

Je crois fermement au principe de la continuité de l’Etat. Mon prédécesseur, Dr Ridha Gataa est une personnalité que j’ai eu le plaisir de connaître depuis 2002. Nous sommes issus de la même école. Nous avons la même vision stratégique.

Ridha Gataa

Dr Ridha Gataa, Directeur du Centre national pédagogique des cadres de la santé

Dr Ridha Gataa prend la direction du Centre national pédagogique des cadres de la santé, remplaçant ainsi sa collègue et amie Dr Sonia Ben Cheikh à laquelle il vient lui-même de passer le relais à l’ONFP.
Lors de la passation commune qui s’est tenue dans les locaux de l’ONFP, Dr Gataa n’a pas manqué de souligner les moments forts des trois ans qu’il a passés à la tête de l’institution. Ainsi, a-t-il souligné, « malgré des conditions intérieures et extérieures compliquées à différents niveaux, l’entreprise a progressé en parallèle avec la stabilité du pays » .
Une évolution qui s’est manifestée par une amélioration des indicateurs sanitaires, la couverture des services de santé, un élargissement des prestations de la santé reproductive, la progression de la situation de stabilité au sein de l’ONFP grâce à la transparence et l’égalité des chances dans l’évolution professionnelle et la formation continue et le bénéfice de prestations de couverture sociale. « L’ONFP, a ajouté Dr Gataa, a ancré sa position aussi bien au niveau national qu’international en particulier à travers l’organisation de sessions de formations internationales dans la gestion des ressources humaines en matière de santé de la reproduction, dans le cadre de coopérations triangulaires avec la république du Mali et le Burundi. » C’est également en toute transparence qu’il a mis en exergue les défis à venir, les contraintes dues au manque de vision d’une politique claire de planification de la population.
« Il est aujourd’hui impératif, a-t-il conclu, de préciser la politique de population en Tunisie afin d’évaluer les
opportunités d’améliorer les différents services et l’élaboration de stratégies innovantes pour l’interface des dynamiques de la population, le renforcement des moyens logistiques pour cibler les objectifs de développement durable (ODD).