A Medjez El Bab (Gouvernorat de Béja), un médecin généraliste vient d’être interdit d’exercer pendant un mois par décision du conseil de discipline du Conseil National l’Ordre des Médecins (CNOM) pour avoir pratiqué des tarifs de consultation systématiquement réduits, soit 10 dinars au lieu de 25 dinars, tarif minimum en vigueur à l’époque des faits.

La fourchette ordino syndicale des honoraires est déterminée par le CNOM en collaboration avec le Syndicat des médecins libéraux. Révisée tous les trois ou cinq ans, selon la conjoncture, elle fixe les honoraires des généralistes et spécialistes. Tout dépassement dans l’un ou l’autre des sens est sanctionné.
Contacté par téléphone, Dr Khalil Boukhris, Président du Conseil régional de l’Ordre des médecins de Béja, a précisé que malgré une première tentative de rappel à l’ordre qui avait abouti aux aveux et à l’engagement du médecin de cesser ces pratiques, ce dernier avait vite recommencé à sous tarifer ses consultations, remplissant sa salle d’attente de patients attiré par sa « médecine discount », prenant également le risque des répercussions sur la qualité des soins.

Son dossier a donc finalement été transféré, pour être traduit en Conseil de discipline pour concurrence déloyale. Dr Khalil Boukhris a souligné que le médecin était en droit d’effectuer des consultations gratuites mais non d’établir des tarifications aléatoires.
Le médecin, qui s’est défendu en avançant son « élan humanitaire » et sa « volonté de venir en aide aux patients nécessiteux » semble avoir oublié la possibilité et même l’obligation de prodiguer des soins gratuits face aux situations les plus difficiles, préférant offrir des services au rabais et gêner ses confrères ! Il sera de nouveau convoqué par l’Ordre afin de justifier l’origine de la polémique populiste qui s’en est suivie dans les média locaux suite à sa sanction.