Table ronde « Déchets, Environnement et Santé »

L’association Santé et Environnement a organisé une table ronde sur « Déchets, Environnement et Santé ». Cette table ronde  a comporté des communications sur la gestion des différents déchets avec une projection d’une vidéo sur la filière d’élimination des déchets sanitaires et un extrait de film sur les chiffonniers présenté par Dominique Thaly, experte en communication. L’intervention de Afef Siala, coordinatrice des activités de déchets sanitaires du projet FEM, à  l’Agence nationale de Gestion des Déchets (ANGED), a porté sur le thème  « typologie, origines et gestion actuelle des déchets d’activités sanitaires ». Le Professeur Noureddine Bouzouia, infectiologue, directeur général de la Bio Technopole de Sidi Thabet, a montré les risques infectieux liés aux déchets. Le Pr Néjib Mrizak, médecin de travail à l’hôpital Farhat Hached, ancien doyen de la Faculté de médecine de Sousse, a exposé le sujet des déchets plastiques et leur impact sur la santé. Hammadi Dekhil, de l’ANCSEP a décrit les bonnes techniques et pratiques de la gestion des déchets liés aux activités de soins. La table ronde a permis des discussions constructives entre les différents intervenants en mettant à nu les mesures efficientes pour la gestion des déchets et la réduction des effets polluants dans notre pays afin de  préserver un environnement sain et un milieu propre pour les futures générations.

 

Héla Kochbati

La Tunisie a enregistré au cours des dernières années une croissance économique importante qui s’est traduite par un fort développement de l’urbanisation et une pression de plus en plus élevée au niveau des écosystèmes.

Ce système urbain  a généré une exploitation de plus en plus importante des ressources.

Avec ce problème, le pays a instauré progressivement une stratégie nationale pour la préservation de l’environnement et une politique de la promotion du développement durable depuis l’année 2005. Pour la concrétisation de cette politique stratégique, les décideurs et les pouvoirs publics ont développé cette stratégie axée essentiellement autour de trois piliers principaux : la sauvegarde de l’environnement, la gestion rationnelle des ressources naturelles, la lutte contre les sources de pollution et la promotion de la qualité de vie des citoyens.

L’évolution pour une gestion rationnelle et intégrée et durable des déchets en Tunisie devra passer par un ensemble de prises de décisions politiques, celles-ci devraient garantir la protection de l’environnement en appliquant les principes de gestion de déchets, en impliquant les différents intervenants et en assurant le financement approprié et durable de ce management des déchets.

Les défis du ministère de l’Environnement consistent à dépasser avec les autres acteurs, la viabilité économique de la gestion des déchets de demain, à sauvegarder la qualité de vie des citoyens, à offrir un cadre plus propice à la participation du secteur privé et à la génération d’emplois dans le domaine de la gestion des déchets.

 

Les dispositifs de gestion de déchets 

 

De nombreux projets et actions ont commencé pour assurer la propreté et l’amélioration de la qualité de vie des citoyens et lutter contre la pollution qui provient de l’évacuation des déchets. Parmi ces dispositifs, on distingue :

-Une dizaine de décharges dans les principales villes des différents gouvernorats du pays.

-La fermeture de nombreux dépotoirs sauvages grands, moyens et petits.

-Un certain nombre de filières ont été mises en place et d’autres sont planifiées.

-Un système adapté pour la gestion des déchets urbains, industriels et sanitaires dangereux est adopté. 

 

L’état de lieu de la gestion des déchets

 

Le ministère de l’Equipement, de l’aménagement du territoire et du développement durable a lancé à l’échelle nationale, des études d’évaluation du gisement des différentes formes de déchets dont les principaux résultats se résument dans les données suivantes :

-Les déchets domestiques sont évalués à 2,4 millions de tonnes par an, soit 0,5 kg par citoyen et par jour.

-Les déchets industriels spécifiques sont estimés à 150.000 tonnes par an.

-Les déchets de phospho-gypse sont évalués à plus de 5 millions de tonnes par an.

-Les déchets de soins sont estimés à 16.000 tonnes par an dont 40 % (environ 7.000 tonnes)  dans le grand Tunis et constituent des déchets dangereux. 

-Les déchets liés au paquetage et à l’emballage sont de l’ordre de 55.000 tonnes par an.

 

Le cadre législatif et institutionnel

 

Les autorités de décision dans le management des déchets dans notre pays sont :

-A l’échelle nationale : le ministère de l’Intérieur, le ministère de l’Equipement, de l’aménagement du territoire et du développement durable et l’Agence Nationale de Gestion des Déchets (ANGED).

-A l’échelle locale : les municipalités des villes, en vertu de la loi organique des communes et la loi n° 96-41 veillent aux déchets et au contrôle de leur gestion et de leur élimination.

-Les producteurs de déchets en vertu de la loi cadre n° 96-41 prennent en considération, les principes en rapport du pollueur-payeur et du producteur-récupérateur.

 

Les textes juridiques dans la réglementation de la gestion des déchets 

 

Il existe plusieurs textes réglementaires qui régissent le management des différents types de déchets, on distingue :

-La loi n° 96-41 du 10 juin 1996, relative aux déchets et au contrôle de la gestion et de l’évacuation des déchets.

-Le décret n°97-1102, fixant les conditions et les modalités  de reprises de gestion des sacs d’emballage et des emballages utilisés, un système de récupération et de valorisation des emballages usagés baptisé ECO-LEF qui a été mis en place en mars 1998. Ce système concerne les sacs d’emballage et les emballages en plastique et en métal. Ce programme s’appuie sur la coresponsabilité des industriels et des distributeurs pour le recyclage et la valorisation des déchets organiques et non-organiques usagés.

-Le décret n°23-39 du 1er octobre 2000, fixant la liste des déchets dangereux.

-Le décret n°693-2002 du 1 avril 2002, fixant les conditions et les modalités de revalorisation des huiles lubrifiantes et des filtres à huile  usagés et de leur gestion.

-Le décret n°3395-2005 du 26 décembre 2005, fixant les conditions et les modalités de la collecte des accumulateurs et des piles usagés.

-L’arrêté du ministre de l’Environnement et du développement durable du 23 mars 2006, portant de la création d’une unité de traitement des déchets dangereux et de centres de réception, de stockage et de transfert des déchets.

-L’arrêté du ministre de l’Environnement et du développement durable du 17 janvier 2007, relatif à l’approbation des cahiers de charges pour la gestion des déchets non dangereux.

-Le décret n°2745, fixant les conditions et modalités de gestion des déchets sanitaires du 28 juillet 2008, fixant les conditions et les modalités de gestion des déchets des activités sanitaires.

-L’arrêté conjoint du ministre de l’Environnement et de la Santé du 23 juillet 2012, relatif au manuel de procédures de la gestion des déchets d’activités sanitaires.

 

Les bonnes pratiques dans la gestion

des déchets

 

Le projet de démonstration et de promotion des bonnes techniques et pratiques de gestion des déchets des activités de santé vise à contribuer à la réalisation d’un plan de mise en œuvre (PNM) qui accentue l’engagement du gouvernement tunisien à la Convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants (POP) signé en  mai 2006. L’objectif de ce projet est de diminuer tous les effets de nuisances associés à des pratiques défectueuses et anarchiques en matière de gestion des déchets des activités de santé  (DAS) générant une accumulation des polychlorobiphényles (PCB), de furannes et de dioxines. Pour y parvenir, le projet, a instauré dans le cadre du renforcement institutionnel et réglementaire des bénéficiaires et la mise en place de programmes adaptés pour la gestion rationnelle et durable  des déchets dans les milieux de santé afin d’améliorer le management de la gestion des DAS et assurer une meilleure évacuation de ce type de déchets. 

 

Les typologies de gestion actuelle des DAS

 

La gestion des déchets sanitaires repose sur différentes typologies et la prise en compte des différentes catégories de déchets de soins, pour éviter les risques attribués à une manipulation inappropriée de ces déchets et, par conséquent, la  prise en considération de leurs effets nocifs sur la santé humaine et l’équilibre de l’écosystème environnemental. Ces déchets ne sont pas anodins, ne sont pas bénins et ne sont pas sans danger  pour la santé et l’environnement. L’évacuation des DAS se fait par des tris (seringues, substances chimiques, tubulures de dialyse, etc) en amont pour assurer un processus d’hygiène, de propreté  et éviter les maladies nosocomiales,  la dissémination des maladies infectieuses comme les hépatites A, B et C et des infections par pathogènes liées aux streptocoques, staphylocoques, salmonelles et autres microbes. 

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