Dans la plus grande étude génétique anglaise à ce jour sur l’arthrose, neuf nouveaux gènes liés à l’arthrose ont été découverts par des scientifiques de l’Université de Sheffield, dont cinq gènes sont directement impliqués dans l’aggravation de la maladie.
Les résultats de l’étude médicale, qui a été publiée dans la revue Nature Genetics, pourraient ouvrir la porte au développement de nouveaux traitements ciblés pour cette maladie handicapante.

Neuf gènes liés à l’arthrose

Pour mieux appréhender les bases génétiques de l’arthrose, l’équipe a étudié 16,5 millions de variations d’ADN à partir de la banque de données génétiques UK Biobank. Par le biais de l’analyse combinée d’une large cohorte de 30.727 personnes souffrant d’arthrose et de près de 300 mille personnes sans arthrose, les scientifiques ont découvert neuf nouveaux gènes associés à la maladie, une percée significative pour cette pathologie rhumatismale. L’équipe de scientifiques a également identifié les corrélations génétiques entre l’arthrose et l’obésité, la densité minérale osseuse, le diabète de type 2 et les taux élevés de lipides sanguins.

L’arthrose est la maladie musculo-squelettique la plus répandue et l’une des principales causes d’invalidité des patients dans le monde. Ses liens avec différentes maladies associées, fréquentes à cet âge (un diabète, une hypercholestérolémie, une obésité), ne sont pas bien élucidés. La maladie relève surtout de traitements symptomatiques de la douleur et de l’inflammation lors des poussées. La chirurgie de remplacement articulaire vient le plus souvent conclure une évolution plus ou moins prolongée et plus ou moins douloureuse sur plusieurs années.

Dans les seuils de cette étude scientifique, les scientifiques ont découvert que le diabète de type 2 et les niveaux élevés de cholestérol dans le sang n’ont pas d’effets causaux sur l’arthrose, mais réaffirment celui de l’obésité. D’après le scientifique anglais Eleni Zengini, de l’Université de Sheffield et co-auteur de l’étude : « Ces résultats sont une étape importante pour comprendre les causes génétiques de l’arthrose et nous rapprocher de la découverte des véritables mécanismes de la maladie. Cela ouvre la porte au développement de nouveaux traitements spécifiques pour cette maladie handicapante ». L’équipe de scientifiques britanniques a cherché des gènes qui étaient actifs dans la progression de la maladie en extrayant l’ADN des cellules de synoviales saines et malades et en les comparant. Parmi les neuf gènes associés à l’arthrose, les chercheurs ont identifié cinq gènes en particulier qui différaient significativement dans leur expression dans les tissus sains et malades. Les cinq gènes sont de nouvelles cibles pour le développement de nouveaux traitements.