Travail de nuit et risque de cancer du sein

Une étude présentée à la réunion annuelle de l’Endocrine Society, ENDO 2016, a contribué à expliquer le risque plus élevé de cancer chez les femmes qui subissent des niveaux élevés d’éclairage nocturne.

Les chercheurs de l’Oregon State University rappellent que parmi les fonctions majeures de l’horloge interne figurent la synchronisation et l’expression des gènes nécessaires à de nombreuses fonctions cellulaires telles que la croissance et la prolifération cellulaires, ainsi que la réparation de l’ADN. Parmi ces gènes, celui de l’horloge Per2, considéré comme suppresseur de tumeur. Une exposition prolongée à la lumière peut donc, en théorie, perturber les comportements cellulaires normaux et l’expression des gènes, en particulier dans les tissus hormono-dépendants, dont le tissu mammaire. Pour vérifier cette hypothèse, les chercheurs ont exposé un groupe de souris femelles à un cycle de lumière prolongée de 18 heures, puis de 6 heures d’obscurité, et un autre groupe de souris à un cycle normal de 12 heures de lumière suivies de 12 heures d’obscurité. Les souris exposées à plus de lumière présentent, dans le tissu mammaire, un cycle considérablement ralenti du gène d’horloge Per2, soit d’environ 42 heures au lieu de 24 heures, ce cycle ralenti suggérant que les fonctions cellulaires régulées par l’horloge biologique sont déréglées. Cependant, ce ralentissement du gène d’horloge n’est constaté que dans le tissu mammaire et non dans les autres tissus périphériques. Or ce dérèglement induit une diminution importante de l’expression des gènes qui codent ou fournissent le code génétique pour les récepteurs alpha et bêta d’œstrogène, des protéines qui se lient à l’ADN et peuvent agir comme des interrupteurs de réponses cellulaires : des niveaux élevés de récepteurs d’œstrogène sont associés à une réduction de la propagation du cancer du sein et à des risques de décès réduits. Or, ici, l’expression des récepteurs des œstrogènes alpha et bêta s’avère tout particulièrement faible dans la glande mammaire des souris exposées à un cycle prolongé de lumière.

L’étude révèle ainsi le processus moléculaire en cause dans l’influence de l’exposition à la lumière sur le développement des tumeurs du sein et confirme le risque, dans la vraie vie, d’une exposition régulière à la lumière nocturne.

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