Inégalités sociales et soins de santé en Tunisie

Depuis la révolution, d’importantes disparités régionales et des inégalités sociales ont été dévoilées au niveau de l’accès aux services de santé, les inégalités entre les différentes régions étant caractérisées par les disparités financières et structurelles en matière d’accessibilité aux soins. Des études qualitatives récentes sur le renoncement aux soins et les contraintes de prise en charge des patients ont permis de saisir la réalité du contexte sanitaire tunisien.

En effet, les raisons du renoncement aux soins sont en rapport avec les conditions matérielles, la disponibilité des moyens sanitaires, le déficit du transport pour les patients et la difficulté d’accès aux centres de soins et établissements hospitaliers, particulièrement dans les régions de l’ouest et du sud-est du pays. En référence aux objectifs du millénaire de développement (OMD) de 2015, la Tunisie a, certes, réalisé des avancées. En revanche, le taux de mortalité néonatale est de 11,5 pour mille naissances à l’échelle nationale, de 7,6 en milieu urbain et de 18,3 pour mille naissances en zone rurale. La mortalité maternelle est de 44,8 pour 100 milles naissances viables.

Les ménages continuent de financer la part la plus importante (37,5 %) des dépenses totales de santé alors que, selon l’OMS, une contribution directe des ménages supérieure à 20 % entraine un risque non négligeable de dépenses dites « catastrophiques ».

Par ailleurs, la couverture médicale universelle (CMU) est une priorité pour assurer l’accès aux soins à toute la population, sachant que le taux de pauvreté est de plus de 15,5 % et que 4 à 6 % des personnes vulnérables sont en dehors de toute couverture sanitaire et sociale.

La mise en place de la CMU assurant une meilleure qualité des soins, une réforme financière de la santé est nécessaire et impérative.