Les enfants de mères obèses présentent un risque accru pour le diabète de type 2

De nombreuses données épidémiologiques indiquent que les enfants nés de mères en surpoids ou obèses ont plus de risque d’être atteints de diabète de type 2. Pourtant le mécanisme impliqué restait méconnu. Les chercheurs de l’INSERM indiquent qu’une hormone sécrétée par les cellules adipeuses de la mère, la leptine, pourrait être impliquée dans ce processus. Le contrôle de la glycémie, défaillant en cas de diabète, est notamment placé sous un double contrôle : celui du système nerveux autonome qui innerve les îlots bêta du pancréas chargés de produire l’insuline, et celui de la leptine sécrétée par les cellules graisseuses. L’équipe de Vincent Prévot de l’unité 1172 INSERM/Université de Lille et celle de Richard Simerly de l’hôpital pour enfants de Los Angeles viennent de confirmer dans un modèle de souris qu’il existe une interférence entre ces deux systèmes. La croissance prénatale de l’innervation du pancréas est sous l’effet de la leptine. Lorsque le fœtus est exposé à des niveaux élevés de leptine pendant la période où se développent les fibres parasympathiques, la qualité du réseau nerveux formé est moins bonne et la gestion de l’équilibre glycémique est perturbée. La concentration de la leptine étant d’autant plus élevé que la masse grasse est importante, cette découverte pourrait expliquer un risque accru de diabète des enfants nés de mères en surcharge pondéral. Quand de telles données sont retrouvées chez l’humain, les femmes pourraient être sensibilisées à ce facteur de risque, comme elles le sont aujourd’hui pour le tabac et l’alcool. Des recommandations pourraient inciter les femmes souffrant d’une obésité, ou en surpoids, à perdre des kilos avant de penser à la procréation et d’entreprendre une grossesse, afin d’assurer une qualité du métabolisme pour leurs futurs enfants.

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