Le Baclofène est un traitement qui est préconisé dans le traitement de l’alcoolisme – ce en dehors du cadre de son autorisation de mise sur le marché qui est pour réduire les contractions musculaires involontaires et relâcher la tension excessive des muscles qui apparaissent au cours de maladies neurologiques comme certaines maladies de la moelle épinière ou des contractures d’origine cérébrale – mais dans le cadre d’une une recommandation temporaire d’utilisation (RTU) datant de 2014.

De hautes doses de Baclofène sont parfois prescrites pour traiter l’addiction à l’alcool.

Une étude récente parue dernièrement vient de démontrer qu’une dose supérieure à 75 mg par jour pourrait conduire à un risque accru d’hospitalisation. Cette étude incite l’AMM à revoir la posologie de ce médicament. La nouvelle posologie serait de 80 mg.
En outre, dans cette étude réalisée par l’Agence nationale de sécurité du médicament et la caisse nationale d’assurance maladie, en collaboration avec l’Inserm, 9% des patients prendraient des doses élevées dépassant 80 mg par jour et seulement 1% de patients prendraient des doses supérieures à 180 mg par jour.

Or au-delà de 75mg/jour la prise de baclofène augmenterait le risque d’hospitalisation et de décès par rapport aux autres traitements médicamenteux autorisé pour le traitement de l’alcoolisme
– Aux doses inférieures à 75 mg/jour, le risque d’hospitalisation est faiblement augmenté jusqu’à plus 12% aux doses entre 30 et 75 mg/jour et le risque de décès n’est pas augmenté.
– Pour des doses entre 75 mg/jour et 180 mg/jour, le risque d’hospitalisation est augmenté de 15% par rapport aux traitements de la dépendance à l’alcool mais le risque de décès est multiplié par 1,5.
– Au-delà de 180 mg/jour, la hausse du risque d’hospitalisation hospitalisations est augmentée de 46% et surtout le risque de décès est multiplié par 2,27.

Déjà les addictologues s’élèvent contre les résultats de l’étude et la décision de l’ANSM, ils craignent le retour à des prescriptions non déclarées de baclofène pour traiter l’alcoolisme, hors de toute surveillance et pharmacovigilance.
D’autres arguent que l‘alcoolisme tuant plus 49.000 par an, il faut considérer la balance bénéfice/risque entre la maladie mortelle et le risque induit de la prise du médicament.

Sources : ANSM – Résultats de l’étude sur les usages et la sécurité du baclofène en France entre 2009 et 2015 – Communiqué
Fédération Addiction – CP – Restriction par l’ANSM de la prescription du baclofène : préservons la qualité de la prise en charge des patients

Commentaires

commentaires