Ayant participé au Big Booster, un programme d’accompagnement développé sur six mois entre Lyon et Boston et permettant d’accélérer le positionnement à l’international des jeunes développeurs de technologies de pointe dans les domaines de la santé, de l’environnement et du digital, Kirmène Marzouki et sa société Spike-x ont été sélectionnés, lors de la première session à Lyon, parmi les vingt candidats internationaux pour se rendre à Boston. Les résultats finaux de cette compétition seront dévoilés les 13 et 14 avril 2016. Nous souhaitons à notre génie de figurer sur la plus haute marche du podium des trois finalistes qui seront gratifiés de la coquette somme de 100.000 euros. Nous l’avons rencontré avant son départ pour les Etats-Unis.

Jaouida Ben Aouali

Kirmène Marzouki

Kirmène Marzouki, Fondateur de la société Spike-x et chef du projet permettant un diagnostic précis du cancer du sein

En tant qu’ingénieur informaticien, qu’est-ce qui vous a amené à vous intéresser à la santé et, plus précisément, à concevoir un logiciel pour le dépistage précoce et précis du cancer du sein ?

En réalité, je suis enseignant chercheur. A travers des projets d’études, des encadrements de mastères, de thèses, j’ai approché quelques hôpitaux à Tunis, notamment l’Institut orthopédique Mohamed Kassab, la Clinique de la CNSS, l’hôpital Farhat Hached de Sousse, ainsi que des cliniques privées pour y développer des systèmes d’aide à la décision, les neurones artificiels étant ma spécialité (cognitive science ou sciences cognitives). Peu à peu nous avons été amenés à travailler sur un petit système pour la détection des tumeurs cérébrales (Institut Mohamed Kassab), c’est ce qui m’a fait prendre conscience de nos capacités et le choix d’un système pour le diagnostic rapide et précis du cancer du sein a été fait de façon arbitraire. Nous avons donc réalisé cette étude à travers un PFE (projet de fin d’études) d’ingénieur, nous avons également lancé un projet concernant la prédiction des mélanomes à travers un téléphone mobile, à partir duquel un médecin radiologue peut établir son diagnostic à distance, et développé une autre application mobile, en cours d’essais, pour le travail collaboratif entre médecins radiologues. Il s’agit d’une application pour l’échange d’images médicales en vue de l’obtention d’un deuxième avis, elle permet le transfert de ces images au format DICOM (Digital imaging and communication in medicine) des appareils radiographiques et le relevé de mesures, tout comme avec un matériel de radiographie de laboratoire.

Ceci m’amène à vous poser la question de savoir comment protéger les données médicales d’un patient ?

Le format DICOM comporte les informations du patient, nous avons donc créé un outil permettant le cryptage de ces informations que le médecin radiologue peut utiliser à volonté selon qu’il souhaite ou non les transmettre.

Vous avez participé au Big Booster de Lyon où vous avez été classé parmi les 20 meilleures start-up innovantes en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient. Avez-vous été sollicité pour votre réalisation par des acteurs étrangers de la santé ?

Nous avons été approchés par des investisseurs étrangers, plus précisément par une société française qui a participé à la mise au point du fonds Africinvest (ancien Tuninvest), mais je n’ai pas souhaité m’engager complètement car l’aventure du Big Booster n’est pas terminée et de nombreux investisseurs seront présents à Boston, dont Philips Healthcare, General Electric Healthcare, etc.

Vous savez qu’une Société tunisienne de télémédecine et e-Santé existe, pensez-vous travailler en partenariat avec elle ?

Bien entendu, c’est tout à fait possible et je pense que nous sommes complémentaires en matière de santé numérique.