La gonorrhée est une infection sexuellement transmissible. Elle peut provoquer une infection des organes génitaux, du rectum et de la gorge.
Les complications résultant de la maladie touchent de façon disproportionnée les femmes qui encourent notamment un risque de maladie inflammatoire pelvienne, de grossesse extra-utérine et de stérilité ainsi qu’un risque accru d’infection par le VIH.
Il est possible de prévenir la maladie par des comportements sexuels sûrs. L’éducation sanitaire, la sensibilisation et l’information ont aussi leur rôle à jouer dans la lutte contre cette infection bactérienne.

Alarme OMS : il est devenu plus difficile, voire parfois impossible de traiter la gonorrhée

C’est un cri d’alarme que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a élancé dans son rapport du 7 juillet 2017. En effet, suite à des données provenant de 77 pays, il se révèle de plus en plus difficile, voire parfois impossible de traiter la gonorrhée, une infection sexuellement transmissible courante.
La cause : la résistance du germe bactérien de la gonorrhée d’une manière accrue aux antibiotiques.

Par ailleurs, l’OMS pointe du doigt les laboratoires pharmaceutiques qui, par les faibles profits qu’engendreraient la mise au point de nouveaux médicaments, délaissent la recherche. Le Dr Teodora Wi, un médecin au Département Santé reproductive à l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), a révélé : « La bactérie responsable de la gonorrhée est particulièrement intelligente, à chaque fois que nous utilisons une nouvelle classe d’antibiotiques pour traiter l’infection, la bactérie évolue pour y résister ». Selon l’agence onusienne, certains pays, en particulier les pays à revenu élevé, où la surveillance est la plus efficace, détectent des cas d’infection qu’aucun antibiotique connu ne peut traiter. Annuellement, 78 millions de personnes sont infectées par la gonorrhée et c’est chiffre sous estimé. Les systèmes permettant de diagnostiquer et de notifier les infections incurables font défaut dans les pays à revenu faible.
Une autre problématique, c’est le secteur de la recherche-développement sur la gonorrhée qui est relativement peu développée, avec uniquement trois nouveaux médicaments candidats actuellement à l’essai. Pour l’OMS, la mise au point de nouveaux antibiotiques n’est pas très attrayante pour les laboratoires pharmaceutiques commerciaux. En effet, les traitements sont administrés uniquement pendant de courtes périodes et ils deviennent moins efficaces à mesure que la résistance se développe, ce qui signifie qu’il faut constamment reconstituer le stock de nouveaux médicaments.
Dans ce cadre, l’Initiative Médicaments contre les maladies négligées (DNDi) et l’OMS ont réalisé un partenariat mondial sur la recherche-développement en matière d’antibiotiques afin de répondre à un besoin urgent et mettre au point de nouveaux traitements de la gonorrhée.