Alors que le 2ème Congrès national de médecine de famille s’est tenu le 15 octobre 2016, une actualité pourtant moins médiatisée concerne la profession, s’agissant des revendications des médecins généralistes quant à la mise en valeur de leur statut et, plus généralement, de la santé en Tunisie.

Décriant les faiblesses du système de santé tunisien, ils se sont constitués en Comité scientifique des médecins généralistes, dont le slogan est « Rassembler, former, valoriser et défendre ».

« Rassembler, former, valoriser et défendre »

Selon eux, le système de santé doit, en premier lieu, constituer un lien entre les systèmes public et privé. Ne contestant pas les réformes nécessaires à l’accréditation de notre système de santé et des études médicales pour un alignement à l’échelle internationale, ils revendiquent la reconnaissance de la profession en tant que porte d’entrée du parcours de soins pour le citoyen et clé de voûte de la maîtrise des coûts.

Il faut savoir que le choix de faire carrière dans la médecine de famille ne se décide pas par défaut mais par vocation et nécessite une approche intimiste et humaine, la formation du médecin de famille n’ayant pas pour unique objectif l’acte médical mais le service médical, qui doit aller plus loin que le rapport médecin-malade pour englober la famille et la communauté.

Or, toute réforme doit tenir compte des trois niveaux de la prise en charge médicale des patients, à savoir un passage cohérent par la première ligne constituée des médecins de famille, puis la deuxième ligne représentée par
les médecins spécialistes et enfin la troisième ligne, celle des médecins universitaires.

Se sentant exclus de toute prise de décision, les médecins de famille réclament légitimement d’être consultés, étant sur le terrain et pratiquant des soins continus et globaux. Ils soignent les individus dans le contexte de leurs familles, de leurs environnements et de leurs cultures, prodiguant des soins palliatifs, s’occupant de la prévention de la maladie et de la promotion de la santé. Ils sont plus à même d’apporter leur contribution réaliste quant aux besoins de la population sur tout le territoire.

Jaouida Ben Aouali