Larynx artificiel pour les patients atteints d’un cancer du larynx

Chaque année, en France, sont pratiquées 1.500 à 1.600 laryngectomies totales dont la plupart sont réalisées dans les cas de cancer du larynx et sur des patients qui perdent alors la capacité à respirer et parler normalement. Les solutions qui leur sont offertes actuellement se résument à une subir une trachéotomie définitive par laquelle ils respirent. On estime que 150.000 nouveaux cas de cancer du larynx ont été diagnostiqués dans le monde en 2008, dont 28.000 en Europe. C’est dire toute l’importance et l’espoir que revêt l’annonce faite en octobre dernier par ProTip, une entreprise créée en 2005 qui conçoit des dispositifs médicaux innovants, et les Hôpitaux Universitaires de Strasbourg, de l’implantation du premier larynx artificiel chez un patient humain. Le professeur Christian Debry et son équipe du service ORL des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg ont en effet pratiqué une intervention majeure en juin 2012 sur un patient masculin âgé de 65 ans et souffrant d’un cancer du larynx. Ainsi, après avoir procédé à l’ablation du larynx de ce patient, ils lui ont implanté une bague trachéale en titane conçue et fabriquée par la société ProTip, bague qui constitue le premier composant du larynx artificiel. Au cours d’une seconde phase réalisée en novembre de la même année, l’équipe médicale a alors inséré un dispositif amovible constitué de valves dans la bague trachéale.

Cette implantation d’un larynx artificiel, qui associe du titane solide et poreux à des biomatériaux, est l’aboutissement de 20 années de travaux pour le professeur Christian Debry, des travaux entamés alors qu’il était encore étudiant, dans le cadre de sa thèse de doctorat. Il s’agit là d’une avancée d’autant plus importante que la laryngectomie n’a pas vraiment évolué depuis 140 ans! « Cette première chirurgicale ouvre donc la voie à une procédure qui constitue une nouvelle source d’espoir pour les patients atteints d’un cancer du larynx », estime Maurice Bérenger, le président directeur général de ProTip. Suite à ces premiers résultats encourageants, ProTip et les Hôpitaux Universitaires de Strasbourg poursuivent donc les développements de cette technologie et de la procédure chirurgicale nécessaire. Parallèlement, une étude clinique pan-européenne est en cours afin d’envisager à terme une diffusion plus large de cette thérapie. 

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