Procréation médicalement assistée

10% des couples tunisiens sont concernés par  l’infertilité et recourent généralement à la procréation médicalement assistée. C’est en effet une aide à la procréation pour les couples ayant des dificultés à concevoir.

Selon les chiffres, les causes de l’infertilité sont à 30% d’origine masculine, à 30% d’origine féminine et à 30% mixtes. Cependant, 10% des cas d’infertilité restent inexpliqués.

Saima Ksibi

Selon le Dr Maher Ftouh, gynécologue obstétricien diplômé de la faculté de médecine de Tunis et ancien résident des hôpitaux de Paris, la première étape consiste en  l’exploration du couple, et ce en faisant passer un certain nombre de tests aux deux conjoints, afin de cerner l’origine du  problème.

L’homme doit donc faire un spermogramme, qui consiste à analyser à la fois le nombre, la mobilité et la vitalité des spermatozoïdes et donc détecter les anomalies qui peuvent causer l’infertilité masculine.

Quant à l’infertilité féminine, elle  est due  à des causes tubaires comme les obstructions des trompes,  à des troubles de l’ovulation ou à des anomalies utérines. On prescrira en  première  intention un bilan hormonal, une hystérographie pour explorer la cavité utérine et la perméabilité des trompes. D’autres explorations peuvent êtres proposées secondairement.

 

Les méthodes de procréation médicalement assistée :

 

La PMA englobe différentes techniques:

 

 La stimulation ovarienne simple en vue d’un rapport programmé qui consiste à stimuler les ovaires et déclencher l’ovulation au moment opportun en vue d’un rapport sexuel en période féconde  Cette méthode est proposée en cas de troubles de l’ovulation. Elle est réservée aux femmes souffrant d’absence d’ovulation (anovulation) ou lorsque l’ovulation ne se fait pas correctement à chaque cycle (dysovulation). Ce traitement stimule les ovaires et permet d’ovuler normalement  donnant au couple la possibilité de concevoir un enfant naturellement.

 

L’insémination artificielle intra utérine qui consiste à préparer le sperme au laboratoire puis à l’injecter directement à l’intérieur de l’utérus. Cette technique peut être nécessaire pour traiter les difficultés à concevoir liées à un faible volume de sperme, une faible concentration de spermatozoïdes,  une baisse de mobilité des spermatozoïdes,  ou bien lorsque l’obstacle à la fécondité se situe au niveau du col utérin (en cas d’absence de glaire par exemple). 

Son principe est, en règle générale, de stimuler la croissance folliculaire et de déclencher l’ovulation par une injection d’HCG (hormone chorionique gonadotrophique). Deux jours plus tard, une sélection de spermatozoïdes, préparée en vue d’une sélection des plus mobiles, est transférée dans la cavité utérine. 

 

La fécondation in vitro (FIV) consiste à prélever les ovocytes des ovaires et à les féconder avec les spermatozoïdes. Cette méthode d’aide médicale à la procréation a progressivement vu ses indications s’élargir.  Son principe est de stimuler les ovaires par des injections répétées de gonadotrophines. Ces hormones sécrétées par l’hypophyse et qui stimulent habituellement le développement des follicules sont ici utilisées à fortes doses afin d’obtenir une réponse multifolliculaire. Cette stimulation doit obligatoirement être surveillée par des échographies et des dosages hormonaux. Lorsque la maturation folliculaire semble atteinte, le déclenchement de l’ovulation est décidé et une injection  d’HCG(gonadotrophines chorioniques gonadotrphique) est prescrite. La ponction des follicules doit être faite 36 heures plus tard, par voie vaginale et sous contrôle échographique. Dans le liquide folliculaire ainsi prélevé, on retrouve les ovocytes qui seront mis en culture avec des spermatozoïdes préparés dans le but d’obtenir une fécondation. Deux à cinq jours plus tard, on fait le transfert d’embryons (un ou deux en règle générale) dans l’utérus de la patiente.

 

Qu’est ce que l’ICSI ? 

 

Actuellement nous pratiquons plus d’ICSI (intracytoplsmic sperm injection ou injection intracyto plasmique de spermatozoïdes). Cela consiste à injecter un seul spermatozoïde dans l’ovocyte  et cette technique est essentiellement indiquée dans les infertilités masculines sévères et a des chances de succès de l’ordre de 25% en moyenne. Le spermatozoïde choisi est sélectionné sur la base de critères de morphologie ou de mobilité. C’est une opération complémentaire à la FIV et est généralement proposée au couple désirant un bébé dans le cas de stérilité masculine majeure, ou dans le cas d’azoospermie (l’absence totale de spermatozoïdes dans le sperme) ou encore après l’échec d’une FIV classique.

 

Le développement des méthodes de PMA en Tunisie :

 

En Tunisie l’apprentissage de ces différentes techniques par les gynécologues est en train de se démocratiser, et plusieurs étrangers, surtout africains et  maghrébins, (essentiellement algériens et libyens), affluent dans les différents centres privés de PMA pour se faire soigner.

Il est important de signaler que la Tunisie a toujours un manque de centres de PMA dans le secteur public étant donné qu’elle dispose d’un seul sur le grand Tunis à l’hôpital Aziza Othmana, un autre à Sousse et un à Sfax avec en vue, un futur centre à l’hôpital militaire de Tunis

Alors que dans le secteur privé, il en existe au moins une dizaine sur le grand Tunis. 

Dr Maher Ftouh gynécologue obstétricien  et ancien résident des hôpitaux de Paris.

Selon vous, est ce que la recherche en matière d’infertilité et de nouvelles techniques de traitement sont assez consolidées en Tunisie ?

 

Oui, je trouve que l’infertilité est sujette à de constantes recherches. La preuve tous les ans des colloques, des congrès et des meetings nationaux et internationaux sont organisés, avec la présence de grands spécialistes du domaine, ainsi que celles des laboratoires pharmaceutiques qui œuvrent à leur tour à améliorer la prise en charge des couples infertiles et à accroître le niveau d’expertise des médecins en les tenant informé à jours des nouvelles techniques et des nouveaux traitements. Ces congrès sont très enrichissants et nous permettent d’être au fait des résultats et des expériences d’autres spécialistes internationaux en matière de dernières découvertes en fécondation in vitro, comme la congélation d’ovocytes, la maturation in vitro des follicules, de la congélation et de la vitrification des embryons et des ovocytes…

 

Quelles sont les méthodes de procréation médicalement assistée, utilisées en Tunisie ?

 

Après une première étape d’exploration du couple qui consiste en une série de bilans et d’analyses à faire, on commence par cerner le problème et savoir s’il s’agit d’une infertilité féminine, masculine ou mixte, pour pouvoir ensuite orienter les patients vers la méthode de traitement la plus appropriée comme le rapport programmé (qui consiste à stimuler l’ovulation), l’insémination artificielle intra utérine et la fécondation in vitro.

 

Quelle est la période idéale conseillée avant de consulter un gynécologue ?

 

 En Tunisie, les couples ont tendance à consulter de manière précoce  pour désir de grossesse vu le contexte social et la pression familiale qu’ils subissent. Il est important de signaler  qu’un couple a  de 15 à 25% de chances de concevoir à chaque cycle ce qui fait que le facteur temps est très important et que les conjoints doivent être patients. Un délai d’une année de rapports sexuels réguliers est nécessaire avant de consulter un gynécologue, sauf,  bien sûr, en cas d’antécédents médicaux particuliers ou  d’âge avancé pour la femme (36 ans et plus vu que la fécondité diminue avec l’âge).

La  période féconde est variable d’une femme à une autre selon la durée de son cycle et sa régularité. Il existe actuellement sur le marché tunisien des tests d’ovulations vendus en  pharmacie qui permettent de détecter cette période et donc d’augmenter les chances de grossesse.

Commentaires

commentaires