Sensibiliser le grand public au dépistage des pathologies rénales

La neuvième Journée mondiale du rein a été célébrée par la Société tunisienne de néphrologie. Cette journée internationale a été lancée en 2006 par la Société Internationale de  Néphrologie. De nombreuses maladies rénales sont silencieuses et insidieuses. Plusieurs malades sont dépistés à une phase tardive et les complications sont parfois graves. Les patients à un stade d’insuffisance rénale terminale ont recours soit à des séances de dialyse, soit à une transplantation rénale, obligatoires pour maintenir la stabilité de la fonction rénale et leur survie. L’individu prend de l’âge, les reins aussi qui deviennent fragiles. Dans notre pays, une personne sur dix souffre d’une pathologie rénale, soit un million de personnes et plus de 500 millions dans le monde ont des maladies rénales. En Tunisie, environ 9000 malades sont dialysés et environ 1000 transplantés. 

Hela Kochbati

La  Journée mondiale du rein a visé à informer et sensibiliser le grand public au dépistage des pathologies rénales et à l’examen clinique précoce pour la bonne prise en charge des pathologies néphrologiques. Les conférenciers par les différentes communications, ont présenté les données relatives aux maladies néphrologiques et un film documentaire relatant le quotidien de malades d’insuffisance rénale chronique. Par ailleurs, des facteurs déterminants de notre vie moderne font augmenter l’apparition des maladies rénales, comme l’alimentation déséquilibrée, la sédentarité, l’hypertension artérielle, la dyslipidémie et le diabète qui induisent dans certains cas des insuffisances rénales à séquelles irréversibles. Par ailleurs, les actions du secteur associatif sont importantes. Les médecins, les infirmiers et les cadres paramédicaux contribuent aux prestations médicales durant les phases de pré-dialyse, hémodialyse et post-dialyse. 

Des facteurs déterminants font que les pathologies chroniques des reins sont courantes en Tunisie. Environ 30 % des adultes sont hypertendus, 9 % sont diabétiques et 14 % sont dyslipidémiques. Le diagnostic des maladies rénales se fait par des examens cliniques, soit une analyse sanguine et un bilan urinaire. Parmi les paramètres indicateurs, la présence de l’albumine au niveau des urines. En outre, le dosage de créatinine est évalué dans le cas d’une pathologie rénale. 

La néphrologie tunisienne a démarré dans les années 60 avec l’introduction de la dialyse péritonéale, le rein artificiel et la biopsie rénale par le professeur émérite, Hassouna Ben Ayed, dans son service de l’hôpital Charles Nicolle. Il a été le disciple, le maître d’oeuvre et le pionnier dans le traitement des maladies rénales en Tunisie. C’est à partir des ses soins et de ses actions que les soins ont été dispensés dans les différents hôpitaux de Tunis, Sousse, Sfax et d’autres régions du pays.  L’histoire de la néphrologie tunisienne a marqué le continent africain et les pays du Maghreb, que ce soit dans les techniques de dialyse ou dans la diffusion de la greffe. L’avancée des pratiques médicales en néphrologie a été répartie en trois étapes : le lancement de la spécialité à Tunis, le développement de la spécialité et celui des procédures de greffes. La première greffe rénale a été réalisée en 1971 et le patient a survécu, en bonne santé, après une transplantation réussie, pendant trente ans. Depuis plus de 40 ans la néphrologie en Tunisie  n’a pas cessé d’évoluer au fil du temps. Dans notre pays, nous disposons actuellement de 5 services de néphrologie, alors qu’il y a une nécessité de 14 services pour traiter les pathologies de la fonction rénale. En fait, il doit y avoir un service de néphrologie pour 800 mille habitants. Le nombre de spécialistes en néphrologie est évalué à 54 médecins alors qu’il en faut 230 médecins. L’activité de transplantation et les moyens ne sont pas suffisants pour la couverture et la prise en charge des pathologies rénales. 

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