Une cérémonie en hommage au Dr Bardi

Samira Merai Friaa, ministre de la Santé a présidé la cérémonie d’hommage à la carrière et à l’oeuvre du Dr Khaldoun Bardi, à l’occasion de son admission à l’AESA, dans la discipline de la médecine.
Chirurgien spécialiste des maladies cardiovasculaires, Dr Khaldoun Bardi est le premier Tunisien à être admis au sein de l’Académie européenne des sciences et des arts (AESA) dans sa spécialité, il a prouvé sa place tout en étant accueilli chaleureusement parmi les chercheurs reconnus à l’échelle internationale. C’est un grand humaniste qui s’inscrit par les hautes connaissances dans l’AESA qui compte 900 membres d’experts en plusieurs spécialités et dont 33 Nobels. Le processus de cette élection passe dans la spécialité de la médecine par trois étapes : la proposition puis la nomination et enfin l’élection.
Dr Bardi exprime son opinion concernant l’importance de l’éducation et invite à bouleverser la manière dont la Tunisie a réfléchi l’éducation ces dernières années. Cet hommage valorise la médecine tunisienne, offre selon lui une chance aux jeunes tunisiens scientifiques d’avoir un accès à ces institutions les plus renommées et permet de promouvoir un avenir meilleur à la Tunisie puisque l’académie établit un pont entre les organismes de haut niveau et favorise les rencontres entre penseurs, scientifiques, créateurs…

A propos de l’AESA

Fondée en 1990 à Salzbourg en Autriche, l’AESA (l’Académie Européenne des Sciences et des Arts) est organisée en sept classes scientifiques : humanité, médecine, arts, sciences naturelles, sciences sociales (droit, économie…), sciences techniques et environnementales et, pour finir, religions du monde.
Elle a pour vocation de former un réseau scientifique au sens le plus large entre les nations européennes en corrélation avec diverses académies internationales. Parmi ses principaux objectifs est la contribution à la paix dans le monde grâce à la qualité morale et intellectuelle de ses membres.

Mot du Dr Khaldoun Bardi

Dans son intervention, Khaldoun Bardi exprime sa joie d’être élu et remercie ses maîtres en mettant l’accent sur l’importance des valeurs humaines, de l’éducation et de l’enseignement dans l’évolution des sciences : « C’est pour moi un moment particulier fait d’instants qui ont forgé ma vie professionnelle. J’aimerais réellement remercier mes maîtres, ici présents. C’est une occasion pour repartager avec eux et avec l’ensemble des amis présents, cette élection à l’AESA qui est aussi le fruit d’un autre instant.
L’académie est une occasion de partage, dont les maîtres mots sont toujours les mêmes :
l’interdisciplinarité, la transnationalité et « building the bridges » ce qui veux dire, construire des ponts entre les disciplines et entre les pays. Et c’est une réelle conviction d’une nécessité de liberté de la transmission de la science qui est aussi l’élément moteur de la vie au sein de l’académie Européenne.
Je suis venu à l’académie par la nanotechnologie ce qui nous a guidé à une réflexion sur l’humain. C’est vrai que c’est une académie interdisciplinaire mais qui nous permet aussi de réfléchir à ce que nous souhaitons faire et de nous poser la question : souhaitons nous doter l’humain de néo attitude permettant de mieux nous adapter à un monde de plus en plus pur et humain ? D’augmenter notre réactivité, notre rapidité pour être toujours performant ? Je citerai dans ce cadre comme exemple les innovations d’interface ou les innovations plus internes comme l’intelligence artificielle.

Voulons-nous maintenir notre humanité avec ces valeurs de finitudes, d’acceptation, de recherche du bonheur tout en voulant l’améliorer par l’éducation et l’exercice de la solidarité et des valeurs dérivées de l’époque des lumières ?
Quels sont les défis à révéler ? Jusqu’au ou peut on considérer une augmentation apportée à un individu est acceptable et justifiée ?

Nos vrais devoirs sont : construire un monde meilleur, poursuivant nos efforts de connaissance en dehors d’une obéissance.
La liberté de la recherche, au lieu d’être abolie, devrait être réglée par des procédés publics.
Les problèmes philosophiques et religieux sont de plus en plus importants en raison du fait que la science a de la potentialité de modifier la nature humaine. Cela n’est pas intolérant de dire que les religions sont fondées sur une révélation et ce ne sont donc pas rationnelles.
La question est donc de savoir si la recherche fondamentale est suffisamment subsidiée par rapport au support donné pour les recherches appliquées ?
Mon propos reste centré sur l’enseignement, garant de transmission des sciences et surtout de la démarche scientifique.
C’est l’enjeu majeur de notre projet de société. Notre priorité est la qualité de l’enseignement. Nous devons être capables de bouleverser la manière dont on a réfléchi l’éducation ces dernières années dans un climat apaisé. Parlant de climat apaisé, je me permets de partager avec vous mes inquiétudes relatives à l’estompement de la norme et à la fragilisation croissante de la société au regard des acquis sociaux, de la conception même de la justice sociale et de la démocratie. Nous devons exercer notre vigilance et opposer la libre pensée de libre examen comme source indispensable à l’émancipation des humains et à leurs attitudes de coexister dans le respect mutuel et dans la diversité. »

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