Biomédecine et émancipation

La médecine peut-elle être un outil de libération de la femme ? C’est par cette interrogation  qu’a débuté la conférence donnée par Brigitte Feuillet – Liger, Professeur à la faculté de droit de Rennes – France et présidente du Réseau Universitaire International de Bioéthique, à l’Institut Pasteur de Tunis (IPT) le 6 juin dernier. Organisée par l’Association Tunisienne de Droit de la Santé dirigée par le professeur Amel Aouij-Mrad et l’IPT, cette rencontre a porté sur la présentation d’une étude internationale et pluridisciplinaire sur la biomédecine et l’émancipation, ainsi que  l’épanouissement  de la femme. L’idée a été de recenser les pratiques biomédicales admises dans dix-neuf pays et de faire des comparaisons. Il s’agit d’une réflexion globale sur la libération et la reconnaissance des droits à la femme dans la société, selon le Professeur Feuillet. La médecine peut-elle permettre à la femme de décider de sa vie ? Ce sont ces observations  qui ont guidé ce travail. Cette recherche a été réalisée sur quatre continents. Elle a concerné un certain nombre d’états européens, les Etats-Unis, le Brésil, le Chili, l’Egypte, la Tunisie, le Sénégal, la Chine, le Japon etc. D’après les résultats de l’étude et au regard de tout ce qui se passe dans ces pays, il y a une évolution même si l’avancée n’est pas assurée au même rythme dans tous les états et n’a pas le même aboutissement. Ces chercheurs sont parvenus à la conclusion que la médecine est bien un outil de libération de la femme. Cependant, cette libération n’est pas aussi simple, car les libertés octroyées à la femme sont ambivalentes. Elles relèvent  souvent de la pression ou même des attentes de la société à l’égard de la femme. Cette recherche montre la fragilité du consentement et pourrait  aider certains médecins à changer de pratique. 

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