Colloque sur l’épidémie de leishmaniose viscérale au Magrheb

L’Institut Pasteur de Tunis a abrité un colloque de grande envergure internationale sur la pathologie infectieuse de la leishmaniose viscérale du 2 au 4 avril 2015. Ce colloque  international a été  intitulé «La leishmaniose viscérale au Maghreb, du diagnostic au contrôle ». L’événement a été  inauguré par le ministre de la santé publique Said Aidi et soutenu par les laboratoires Sanofi, le laboratoire de Recherche Parasitologie Médicale, Biotechnologies et Biomolécules de l’IPT (LR11 IPT 06), en partenariat avec l’Institut Français, l’Agence Universitaire de la Francophonie et Université de Tunis El Manar. Des spécialistes nationaux, maghrébins et internationaux ont été présents à cet évènement, notamment (Abderrahmane Laamrani El Idrissi (Rabat), Maha Soussi (Casablanca),Zoubir Harrat (Alger) Hachemi  Louzir, Aida Bouratbine, Badreddine Kilani, Karim Aoun, Yosr Galaï, Eleyes Zhioua (Tunis), Mohamed Gharbi (Sidi Thabet), Mohamed K. Chahed (Ariana), Fatma Saghrouni (Sousse), Philippe Loiseau (Paris), Khaled  Ben Hellel (Kairouan), Pierre Marty (Nice),  Laurence Lachaud (Montpellier) et Albert Picado (Barcelone). La première journée a comporté des conférences sur l’état de lieux de cette épidémie, la prise en charge et le suivi thérapeutique et c’était une occasion pour les spécialistes de  partager les expériences et les modalités de prises en charges thérapeutiques et  de diminuer les impacts socio-économiques et sanitaires de cette affection parasitaire.  Quant à la seconde journée, elle était consacrée à la  réunion des experts avec les autorités régionales de la santé publique de la région de Kairouan, une visite au service pédiatrique de l’Hôpital Ibn Jazzar de Kairouan et une visite d’un site de transmission de leishmaniose viscérale, et la troisième journée  a réuni les experts et les autorités de la santé pour des recommandations stratégiques pour la lutte contre cette maladie vectorielle.

La leishmaniose viscérale est une morbidité importante qui est  due à une contamination parasitaire par un protozoaire du genre Leishmania transmis à l’homme par des insectes diptères appelées phlébotomes. Cette infection parasitaire est courante dans la région maghrébine après la leishmaniose cutanée. En Tunisie, la leishmaniose viscérale  est surtout répandue dans les régions du nord  est et ouest (Zaghouan, Sidi Bouzid et Kasserine),  du centre (Sousse et Kairouan), au sud (Gafsa, Sfax et Gabès, Tatatouine).  La Tunisie présente une incidence annuelle de 150 cas en moyenne alors que l’Algérie et le Maroc représentent environ 200 cas chaque année. Cette pathologie parasitaire demeure un fléau de santé publique dans la région du Maghreb. Le taux de mortalité est assez élevé, il atteint  2% à 5% des cas atteints. La prise en charge est souvent coûteuse et comprend l’usage de corticoïdes et de biothérapies selon les atteintes. L’Institut Pasteur est reconnu dans plusieurs travaux associés à l’étude de zoonose qui présente un problème de santé publique au Maghreb.