Congrès national de association tunisienne de réanimation

L’association tunisienne de réanimation (ATR) a organisé les 13 et 14 décembre 2013 son congrès national à l’hôtel le Royal à Hammamet avec l’appui de la Société Française et Libanaise de Réanimation, la société Algérienne d’anesthésie réanimation, des soins intensifs et des urgences et  l’Association Marocaine d’urgence et de réanimation.. Cette rencontre a  eu pour mérite de mettre en valeur le caractère central de cette spécialité compte tenu de sa contribution dans le développement des différentes disciplines chirurgicales et interventionnelles. D’autant plus qu’elle est en mesure d’assurer le suivi des progrès et des nouveautés que ne cesse d’enregistrer cette spécialité. 

Kamel Bouaouina

Le  système de soins est appelé  en effet de plus en plus à prendre en charge des pathologies complexes nécessitant des anesthésistes hautement qualifiés, notamment pour les interventions chirurgicales à cœur ouvert, la transplantation d’organes ainsi que la chirurgie pédiatrique et carcinologique. La spécialité « anesthésie-réanimation » comme le précise Pr Mounir Bouaziz  Président de l’association tunisienne de réanimation (ATR) revêt, par ailleurs, une importance majeure pour tout ce qui est prise en charge des pathologies, contribuant à réduire le taux de mortalité et à sauver des vies. Compte tenu des efforts déployés afin de promouvoir et renforcer cette spécialité, le secteur compte, actuellement plus de  300 médecins spécialistes en anesthésie réanimation, dont une centaine dans le public, ainsi que 180 résidents. S’agissant de l’infrastructure, le bilan fait état de pas moins de  plus 16 services autonomes d’anesthésie-réanimation dans des structures universitaires, qui sont progressivement généralisées dans tous les hôpitaux universitaires et régionaux. L’Association tunisienne de réanimation (ATR) ajoute Pr Bouaziz n’a cessé de défendre, de développer et de promouvoir la réanimation auprès des organismes officiels et publics. Elle tente aussi d’accroître ses relations avec d’autres associations ou sociétés de réanimation dans d’autres pays (France, Maroc, Algérie, Liban…) et avec des sociétés nationales de spécialités différentes. 

 

La simulation : un outil pédagogique  incontournable » en médecine d’urgence

 

La simulation est devenue incontournable dans tous les domaines où la réalité du terrain  comporte des risques humains et matériels. Elle a permis comme l’ expliqué Pr Samir Nouira, chef de service d’urgence à l’hôpital universitaire Fatouma Bourguiba à Monastir,  d’accroître la sécurité en améliorant les pratiques individuelles des acteurs d’un système, mais aussi en améliorant les pratiques collectives (gestion des crises, communication entre les individus, etc.). « Nous avons institué des sessions de formation à l’intention des internes du service sur des simulateurs pour recréer des situations d’urgence vitale : simulateurs simples (tête d’intubation) et de haute fidélité (SimMan® de Laerdal). Le but est de  mettre en situation des internes sur des scénarii d’urgence vitale afin d’évaluer et d’améliorer leurs compétences cliniques dans ces différentes situations. Nous avons souhaité familiariser les étudiants à ce type de situations génératrices de stress et de panique à l’origine d’erreurs de fixation, d’omissions et de conduites inadaptées. La simulation s’impose lorsqu’il y a un risque et un coût. L’erreur est humaine. 70 % des erreurs en anesthésie sont humaines. La simulation pourra ainsi améliorer la sécurité des patients et leur prise en charge et, par là même, diminuer le nombre des erreurs médicales. La simulation est en passe de devenir un outil pédagogique « incontournable » en médecine d’urgence. En Amérique du Nord le concept existe depuis plus de 20 ans. Elle permet la formation initiale et continue de tous les intervenants de la chaîne médicale. La preuve nous a été apportée par l’engouement de nos jeunes apprenants lors des sessions  organisées au sein de notre service d’urgence. D’où la nécessité de multiplier le nombre des centres de simulation. Aux Etats Unis, plus de la moitié des facultés de médecine américaine possède des centres de simulation. Dans ce cadre, il sera important d’étendre ce type de formation à l’ensemble du personnel des urgences pour favoriser le travail en équipe ainsi que d’inclure ce type de formation dans le cursus des internes en médecine d’urgence, via la création d’un centre de simulation.

 

Association d’antibiotiques ou monothérapie en réanimation 

 

Le débat entre les deux concepts n’est toujours pas clos comme l’a précisé Dr Nozha Brahmi. L’antibiothérapie de première intention est débutée avant l’identification bactérienne. Elle repose sur des critères stricts qui font le plus souvent intervenir la gravité du tableau infectieux et son site d’origine. En réanimation, un traitement antibiotique se fait de façon probabiliste pour les infections graves. La réflexion sur l’intérêt, ou non, d’utiliser une association d’antibiotiques est quasi constante. La fréquence des résistances bactériennes justifie souvent l’emploi de molécule à large spectre et de coût élevé. Après isolement de (des) l’agent(s) pathogène(s) il est obligatoire de réévaluer l’antibiothérapie initiale et d’envisager une désescalade : retour à une monothérapie, choix d’un antibiotique à spectre plus étroit. L’association des antibiotiques se justifie  devant la gravité de l’état, l’incertitude du diagnostic bactériologique ou dans le traitement des infections polymicrobiennes comme les péritonites, les pneumopathies ou les cellulites . La justification de l’association est cependant très variable selon les produits utilisés. Il est indispensable de connaître le spectre d’activité des antibiotiques administrés pour éviter d’employer deux buts, elle devra être reconsidérée après les résultats bactériologiques. Le débat entre l’emploi d’une monothérapie ou d’une association semble bien académique lorsque l’analyse concernant le malade, le site de l’infection et l'(s) agent(s) bactérien(s) potentiellement responsable(s) est convenablement faite .

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