Conférence de l’institut Pasteur à la Faculté de médecine de Tunis

Le comité médical de l’Institut Pasteur a organisé, fin décembre à la Faculté de médecine de Tunis, une conférence sur le thème « Les maladies cancéreuses : enjeux et éthique » et ce, sous le patronage du Ministre de la Santé publique, le Dr Mohamed Salah Ben Ammar. Au programme, plusieurs volets concernant l’éthique et les aspects  médicaux et psychologiques dans la prise en charge des maladies oncologiques, la séance ayant été inaugurée par une allocution du Ministre de la Santé publique et par Hend Bouacha, présidente du Comité national d’éthique médicale. Plusieurs questions ont été soulevées, à savoir « L’épidémiologie et le coût des cancers en Tunisie » par Taha Messai et Ezzeddine Gharbi, « Cancer et annonce de diagnostic en Tunisie » par le Dr Rym Ghachem, « La relation soignant-soigné » par Farhat Ben Ayed, « La limitation des soins palliatifs » par Henda Raïs, « Accès aux soins, aspects éthiques » par le Pr Hammouda Boussen, et « Les tests prédictifs de cancer, aspects éthiques » par le professeur Ridha Mrad. 

Le comité « Ethique et cancer » est un organe consultatif pouvant être saisi à tout moment par chacun pour toute question d’ordre éthique en relation avec la pathologie cancéreuse, sa mission étant d’y répondre sans, pour autant, se substituer aux décisionnaires.  Les maladies cancéreuses ne cessent d’augmenter dans notre pays et la situation risque de devenir alarmante. Le cancer est considéré comme la deuxième cause de mortalité, après les  accidents cardiovasculaires, 15 milles atteintes cancéreuses étant enregistrées chaque année. Le cancer du sein constitue le premier facteur de décès chez les femmes et 2 200 nouveaux cas apparaissent chaque année, cette incidence tendant à augmenter dans les prochaines années. En 2024, il est prévu que sa croissance atteindra les 23 %,  soit 3 700 nouveaux cas chaque année. Essentiellement  lié à l’addiction tabagique (40 % des cas), le cancer du poumon constitue le premier cancer mortel  chez les hommes. Viennent ensuite les cancers de la vessie, du colon et de la prostate. La prévalence de ces différents cancers tendra à atteindre le double en 2024. Les cancers infantiles sont majoritairement des leucémies et représentent 3 % de la totalité  des cancers dans notre pays. Aujourd’hui, 90 % des atteintes de cancers se traitent avec une démarche diagnostique précoce. Les  contraintes de prise en charge des patients dénotent de la faible coordination, du déficit de la qualité des prestations et du manque de ressources, d’équipements et de matériel de dépistage dans certaines régions défavorisées. La concentration des efforts, dans les prochaines années, consistera à renforcer la formation continue, à décentraliser les infrastructures sanitaires en matière de cancérologie, à améliorer la communication et la qualité de vie des malades (invalidité, douleurs et surveillance), à réformer les prestations de proximité et à considérer les aspects de compensation et de recherche clinique ciblée dans la prise en charge des maladies cancéreuses.