Tunisie : les médecins contre la loi de finances 2016

Les médecins praticiens toutes spécialités confondues et les médecins dentistes se sont réunis le dimanche 3 avril 2016, au palais des congrès de Tunis, et ce sous l’égide du collectif réunissant le Conseil national de l’Ordre des médecins, du Conseil national de l’Ordre des médecins dentistes et également à l’appel du Syndicat tunisien des Médecins libéraux, de l’Union des Médecins spécialistes libéraux et du Syndicat des Médecins dentistes de libres pratiques suite à l’examen de la loi de finances 2016 et du code de la TVA. Au cours de cette assemblée générale, les médecins ont exprimé leur indignation vis-à-vis des mesures prises sans concertation préalable des structures médicales légitimes, tout en déplorant la campagne systématique mené contre les médecins et dont les conséquences risquent d’être désastreuses sur les prestations et la santé des citoyens aussi bien dans le secteur privé que dans le domaine des services de soins dans le public.
Les médecins ont souligné leur engagement à honorer leurs obligations fiscales qu’ils considèrent comme un devoir national. Ils ont par ailleurs exigé à cette occasion la suppression de la TVA sur la maladie, facturée au patient, la taxe n’existant dans aucun pays du monde, tout en mettant en exergue le caractère non commercial de la profession médicale. Il s’agit également de retirer certains articles de la loi de finances 2016, comme l’article 19 qui stipule d’émettre des « notes d’honoraires » numérotées dont les mentions obligatoires sont celles des factures établies dans le secteur commercial, ce qui est en totale contradiction avec le code de déontologie médicale et la loi 91-21, relative à l’organisation des professions médicales de médecins et de médecins dentistes et également l’article 22. Le médecin n’est pas un commerçant, il assure un métier noble et humaniste pour traiter au mieux ses patients. Les médecins ont exprimé leur résolution au dialogue et à toutes les formes de lutte y compris les sit-ins pour défendre leurs revendications légitimes et exigent d’être impliqués dans toute réflexion ou action relative à la Santé publique tout en regrettant que des discussions avec les représentants des médecins n’aient pas eu lieu avant que le projet de la loi des finances 2016 ne soit transmis à la chambre des députés.

Hela Kochbati

réunion medecin en colere avril 2016