Un détournement d’usage inquiétant de la codéine

Deux cas de décès sont survenus en lien avec un usage récréatif de codéine, et ont été rapportés à l’agence du médicament, l’ANSM.
Cette substance opiacée présente dans de nombreux médicaments, disponibles avec ou sans ordonnance, soulage la douleur et la toux. Elle induit des effets secondaires et peut avoir des séquelles sévères parfois mortelles, en cas d’un surdosage.

Le mésusage de la codéine, dans une optique récréative, a entraîné le décès soudain d’une jeune fille de 16 ans d’un arrêt cardiorespiratoire au début de l’année 2017. Ce sont les effets psycho-actifs de cet opiacé qui étaient recherchés.
La codéine est indiquée chez l’enfant de plus de 12 ans, chez le jeune et l’adulte dans le traitement symptomatique de la toux ou des douleurs d’intensité modérée à intense, la codéine induit des effets relaxants et planants. Mais l’administration de cette substance n’est pas sans effet indésirable ou sans risque.
Les effets secondaires comprennent notamment des troubles de la vigilance, du comportement ainsi que des crises convulsives généralisées.
Il est à noter qu’en 2014, l’ANSM mettait en garde l’ensemble des acteurs concernés par la prise en charge sanitaire ou sociale de jeunes sur l’usage détourné de ces médicaments délivrés avec ou sans ordonnance. A l’époque, était ciblé un usage détourné de médicaments antitussifs à base de dextrométhorphane. En 2016, l’Agence ANSM informait sur une boisson, baptisée « purple drank » composée de sirops à base de codéine, de prométhazine et de soda. Consommée dans un but récréatif, elle avait fait son apparition à la fin des années 1990 aux Etats-Unis. L’ANSM constatait alors une nette augmentation des signalements depuis 2013 en France.

L’ANSM réfléchit actuellement aux mesures à prendre concernant les médicaments à base de codéine. Des spécialités à base de codéine sont disponibles en libre accès sous formes de sirops et de comprimés. L’une des pistes envisagées par l’ANSM serait d’interdire la délivrance de ces médicaments sans une ordonnance médicale.

(Crédit photo : gotgot44 – license CC BY-SA 4.0)