Ce Tunisien dont le ministre de la Santé, André Mama Fouda, aime à dire qu’il ne sait pas s’il doit « le mettre dans la catégorie des tunisiens ou des camerounais » a atterri par le fruit d’un hasard, heureux sans aucun doute, dans la capitale Camerounaise. Une annonce publiée par un cabinet de kinésithérapie cherchant un remplaçant et l’esprit d’aventure fait le reste. Ce kinésithérapeute formé en France, est devenu en 40 ans le patron d’une entreprise d’assistance sanitaire, Cameroun Assistance Sanitaire.
Retour sur l’itinéraire d’un enfant gâté par l’Afrique.

Propos recueillis Senda Baccar

Un Tunisien à Douala, ce n’est pas fréquent. Revenons sur votre premiers pas et sur la création de Cameroun Assistance Sanitaire…

Au Cameroun, j’ai relevé plusieurs défis pour m’installer et j’ai réalisé nombre de sacrifices, de bonnes années de sacrifices qui m’ont fait connaitre un pays d’une manière tout à fait originale. Je m’y suis attaché. L’Afrique m’a appris que le vrai arbitre c’est vous-même. L’idée de l’assistance sanitaire est aussi le fruit d’une bonne rencontre et d’un geste désintéressé de ma part. En 1986, j’avais aidé un ami qui devait organiser pour le compte de son entreprise française l’évacuation d’un malade depuis Kribi, une ville totalement isolée de tout. Une opération d’évacuation onéreuse et très compliquée. J’ai immédiatement vu qu’on pouvait améliorer cette médecine «
extra-hospitalière », c’est-à-dire tout ce qui se passe avant ou après un hôpital ou un cabinet médical, soit l’évacuation sanitaire, le transport. J’ai compris au fil du temps que l’assistance ne consiste pas simplement à évacuer quelqu’un. Le vrai enjeu, ce sont les « Golden hours », les premiers moments de la survenance de la cause de l’évacuation.

Quels sont les risques actuels liés à votre activité ?

Au Cameroun, je reçois régulièrement des représentants venant du Maroc, de l’Inde et de différents pays et également des Tunisiens qui viennent me voir et qui « tournent » pour chercher des malades. On considère un peu l’Afrique comme le « marché de moutons » à la veille de l’Eid El Kébir. Ces chasseurs sous-estiment le fait qu’en Afrique il y a des praticiens sont très bien formés même s’il sont peut-être mal équipés. Faire l’impasse sur ce genre de problématiques, c’est la première erreur. Le second élément porte l’aspect éthique et moral du transfert des patients : on parle de transporter des gens qui nous font confiance parce qu’ils ont des problèmes de santé et qu’ils désirent des solutions thérapeutiques. On doit être attentifs aux risques de circuits mal. Je vois une véritable nécessité d’organiser le secteur.

Quels sont les avantages de la Tunisie en tant que destination santé ?

La Tunisie a été le premier pays avec lequel on a oeuvré, dès 2003. J’ai créée le logo « Travel for Treatment to Tunisia». Ce qui nous intéresse, ce n’est pas le résultat financier mais c’est d’abord et avant tout la réussite d’une opération, parce qu’il faut savoir évacuer, c’est-à-dire sortir des gens de chez eux, les extirper de leur vie familiale et sociale pour les envoyer vers la Tunisie. Plutôt que de chercher l’effet d’annonce, il faut chercher les résultats. On est exigeants envers nous-mêmes et envers nos clients aussi.
C’est vrai que la Tunisie représente deux gros avantages. Le premier est la technicité et le savoir faire médical tunisien. Le second est en lien avec les coûts.

Quels sont d’après vous à part le coût, la proximité et les plateaux techniques, les autres avantages concurrentiels de la Tunisie ?

L’Afrique est charnelle. Les africains continueront longtemps à donner de l’importance à un pays comme la Tunisie qui leur offre la chaleur, la réception et l’accueil. L’aspect social est un point sur lequel on devrait être le plus fort. Un africain qui se fait soigner en Inde, à technique égale, sera dix fois mieux traité en Tunisie. Ce qu’on remarque le plus en Afrique, ce sont les « dents » des africains. Ils sont toujours en train de rire. Ils sont joyeux malgré les problèmes terribles qui leur arrivent. Quand il vient se faire soigner en Tunisie, le camerounais se sent comme si chez lui et s’acclimater à l’environnement du pays. Cela ne se produit ni à Paris ni en Inde. Il faut dire que la BAD a permis des liens de découverte entre les tunisiens et des africains, de part et d’autres. Je demeure persuadé qu’on est capable de les recréer à travers le domaine de la santé et tant d’autres secteurs.

Depuis 2003, Cameroun Assistance Sanitaire organise des séjours de soins en Tunisie…

Et en a fait un métier : Le T4T2T® (Travel For Treatment To Tunisia)*
Société d’Assistance créée en 1987 à Douala, CAS organise depuis 14 ans dans la discrétion, des séjours de soins en Tunisie, aux meilleures conditions, à partir de plusieurs pays d’Afrique pour la plus grande satisfaction des personnes qui nous font confiance.
Le T4T2T® est un métier que nous exerçons dans le respect de l’intérêt de toutes les parties (Patients, Payeurs et Prestataires) sur une base contractuelle claire.
Le T4T2T® est une organisation professionnelle responsable (respect du secret médical et de la réglementation,
transparence, …) qui s’appuie sur un partenariat solide et fiable en Tunisie pour garantir la qualité, la traçabilité de la prise en charge médicale locale, la maîtrise des coûts et la sécurité.
Le T4T2T® est servi par une équipe multidisciplinaire (médecins, infirmiers, logisticiens, assisteurs) de plus de 100 personnes employées à temps plein, …) avec les moyens et ressources adaptés.
Nos références sont solides et anciennes : institutionnels, grandes entreprises privées et publiques,…
Avec la qualité du plateau technique en Tunisie le T4T2T® est fiable et inspire confiance.

* T4T2T est un nom protégé par la Propriété Intellectuelle

Pour en savoir plus
Site web : www.cas-assistance.com
E-mail : infos@cas-assistance.com

Cameroun Assistance T4T2T

Commentaires

commentaires