Recherche sur le cerveau et les neurones

Le cerveau est l’organe le plus complexe que nous connaissons. La science n’arrête pas de l’observer et de le comprendre. On le comprend, aujourd’hui, de mieux en mieux, notamment grâce aux progrès technologiques de l’imagerie qui permettent de cerner et d’identifier ce qui se passe réellement dans nos têtes…

Nous savions que la pensée et toute l’activité cognitive et émotionnelle humaines, sont induites par des réseaux de neurones témoignant d’une fabuleuse intelligence collective. Les scientifiques parlent aujourd’hui de plus, le neurone lui-même serait intelligent, dans le sens où il serait capable de modifier son propre code génétique. On met le cap, pour mieux comprendre ce qui se passe là-dedans !  

 

Sondes Khribi Khalifa

Intelligence des neurones

 

Par intelligence des neurones on entend le processus même par lequel fonctionne un cerveau humain. Rappelons que le cerveau est fait de milliards de neurones. Le neurone étant cette cellule assez particulière et dont la synchronisation avec d’autres neurones, au sein de gigantesques réseaux, induit l’activité cognitive (je comprends un mot donné), comme émotionnelle (je suis amoureux), comme fonctionnelle aussi (je bouge un bras).

A la naissance, nous savons tous faire certaines choses, comme suivre quelque chose qui bouge du regard. Ou mâcher un aliment. Voyez comment se passe le développement des capacités d’un enfant…

Mais la plupart des tâches cognitives que nous effectuons sont apprises, au fur et à mesure de l’expérience. Une expérience donnée, induite par un évènement donné de l’environnement, suscite une réaction donnée. Concrètement, les neurones établissent des connexions, les uns avec les autres, formant ainsi des réseaux. Quand une configuration (de neurones) donnée produit un comportement qui est encouragé par l’environnement ou qui s’avère opportun, alors cette même configuration s’active à chaque fois que les circonstances sont analogues (ou jugées comme analogues). C’est le mécanisme basique de l’apprentissage sur lequel se bâtit l’intelligence. Une intelligence collective si l’on peut dire, car ce n’est pas LE neurone qui serait intelligent en soi, mais le produit de sa connexion avec des milliards de cellules comme lui. 

Terminons en disant que l’intelligence artificielle n’est rien d’autre que l’imitation par des machines assez complexes, de ce qui se passe dans nos têtes. Pas du tout ce qui s’y passe…car ce serait trop difficile. Mais de certaines tâches cognitives, de type computationnel précisément. 

 

Le neurone serait-il intelligent ?

 

La dynamique collective dont procède le cerveau ne serait pas la seule activité qui a lieu dans nos petites têtes. Le prestigieux « Science et vie » (mais assez sensationnel par ailleurs) publie les résultats d’une étude qui postule que les neurones auraient la capacité de différencier leur génome individuellement.

« Chaque neurone est génétiquement unique : telle est la révélation, aussi fascinante qu’inattendue, de travaux dévoilant que chaque cellule nerveuse a le pouvoir de modifier son ADN, prenant ainsi une incroyable liberté avec le génome de l’individu ! De quoi ouvrir la voie à une nouvelle compréhension du cerveau ? Car désormais, la clé de nos facultés cérébrales serait à chercher dans le neurone lui-même et plus seulement dans les réseaux qu’ils tissent entre eux. »

Comment cela serait-il possible ? Eh bien, on pense que chaque neurone aurait la capacité de modifier individuellement son code génétique, par le biais de ce que les scientifiques appellent des « gènes sauteurs ».

C’est précisément comme ça que les appellent Fred Gage et son équipe du laboratoire de génétique de l’institut de Salk en Californie. Auteurs de l’étude. Fred Gage c’est aussi la personne qui a découvert le phénomène de neurogenèse dans certaines zones du cerveau…

 

Qu’est-ce que cela veut dire concrètement ?

 

Eh bien, ça veut beaucoup dire, car en principe, chaque neurone est le « produit » en moitié de l’héritage du génome de la mère, et en moitié de l’héritage de celui du père. Or, si des gènes (ou des séquences d’ADN) sont effectivement en train de « sauter » d’un génome à un autre… chaque neurone pourrait, au fur et à mesure du temps, devenir nettement différent, de ce qu’on a hérité de nos parents ! 

En d’autres mots, ce qu’impliquent les résultats de cette étude, c’est que chaque neurone peut, en théorie, se différencier du code génétique légué par nos parents. 

Si l’hypothèse se confirme et si elle est suivie par la communauté scientifique, les conséquences seront plus qu’édifiantes. Car rappelez-vous, dans le passé nous pensions que les choses sont données pour la vie, nous avons un certain héritage génétique qui commande tout ce qui se passe dans notre corps. Si le neurone, cellule déterminante, et très spéciale de par  son rôle dans notre métabolisme, peut se modifier au cours du temps…alors théoriquement tout peut changer au cours du temps, et tout est possible ! De la science-fiction, en somme.   

Gènes sauteurs ?

 

L’hypothèse des gènes sauteurs est mise à mal par certains qui disent que, dans chaque cellule, il existe des  séquences nucléotidiques semi-autonomes ou autonomes, et pas uniquement dans les cellules nerveuses ou neurones. Ces séquences autonomes, appelées aussi « transposons », ont un comportement déjà assez différent de celui des autres séquences. Elles seraient en train de « sauter » un peu partout. Le transposon, c’est précisément une séquence d’ADN, capable de se déplacer et de se multiplier de manière autonome, dans un génome. Le mécanisme s’appelle « transposition ». Et la découverte en a été faite, au début des années 1950, par Barbara McClintock, celle-ci  a reçu le Prix Nobel de médecine en 1983.

Du fait de ce phénomène, se produisent dans le génome des mutations aléatoires au fur et à mesure des mitoses, ou des effets d’environnement. Il s’agirait donc d’un mécanisme de base, à l’œuvre dans toutes les cellules, rien de nouveau ou de révolutionnaire. Un mécanisme normal et connu a peut-être une influence inattendue sur nos facultés cérébrales. Voilà en somme. 

Reste maintenant à dire avec précision quelle est l’ampleur réelle de ce phénomène…est-ce qu’un neurone peut voir son code génétique, se transformer du fait de ce mécanisme de mutations (plus ou moins aléatoires…). Là est la vraie et la grande question.   

Une autre question consiste à se demander si les changements qui peuvent avoir lieu dans le code génétique de chaque neurone, sont d’ordre fortuit…ou dirigés ? En d’autres termes, la question consiste à savoir si on peut les provoquer … ?  Là, on pourrait littéralement dire que l’Homme serait capable de tout. Un dieu créateur… ? Pas simple d’y réfléchir même ! 

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