Coronavirus une vaste famille de virus, de nombreuses maladies

Les coronavirus font partie d’une vaste famille de virus, à l’origine d’un large éventail de maladies. Chez l’homme, celles-ci vont du rhume banal à une infection responsable du syndrome respiratoire aigu sévère ou SRAS. Ce dernier a provoqué en 2003 une épidémie de « pneumonie atypique », à l’origine du décès de 800 personnes dans le monde. Le nouveau coronavirus, baptisé « syndrome respiratoire coronavirus du Moyen Orient » (MERS) par l’OMS, est une souche qui n’avait encore jamais été détectée chez un être humain. Selon une étude du Centre médical Erasmus à Rotterdam, il est « étroitement apparenté à des virus découverts sur des chauves-souris en Asie ». Quant à savoir si les divers cas détectés proviennent d’une même source ou de sources multiples, le débat reste ouvert et c’est avec Dr Noureddine Ben Jemaâ, de l’Office national des maladies nouvelles et émergentes (ONMNE), que le sujet est abordé ici.

Qu’est-ce qu’un coronavirus ?

Les coronavirus sont une famille de virus connus depuis fort longtemps et, généralement, dans la pathologie humaine. Il en existe cinq ou six, donnant des pathologies bénignes chez l’homme, comme le rhume.

Il y a eu, en 2003, un coronavirus particulier, celui du SRAS qui a donné, pour la première fois, une maladie pulmonaire grave et une épidémie mondiale qui a touché environ 1.000 personnes,aboutissant à 800 décès. Un nouveau virus qui était apparu en Chine et qui a rapidement atteint notre pays car le monde n’yétait pas préparé. Ce fut avec retard et à travers les décès qu’il a causé dans différents pays que la société internationale en a pris connaissance. Un nouveau coronavirus est apparu, cette fois-ci, au Moyen Orient où la détection des premiers cas s’est faite a posteriori en Jordanie, en avril 2012, avec un foyer à l’hôpital de la ville de Zarka, touchant 11 personnes, dont deux cas avérés à travers des prélèvements sanguins. Cette épidémie a touché essentiellement le personnel de l’hôpital et a causé plusieurs décès parmi les médecins et les infirmiers. Le tour de

l’Arabie Saoudite est ensuite venu, où l’identification du virus a eu lieu en septembre de la même année. Depuis, une surveillance internationale a été mise en place et, jusqu’à ce jour, on compte 55 cas de coronavirus dans le monde, avec 30 décès. La différence avec la première vague de 2003 réside dans le fait que la communauté mondiale en a tiré des enseignements et a mis en place un nouveau règlement sanitaire international qui impose aux pays d’informer l’OMS de tout événement susceptible d’avoir des conséquences sur la santé publique. Suite au règlement sanitaire international de 2005, les états déclarent très rapidement les évènements ayant une portée internationale et cela a très vite permis de prendre connaissance du nouveau virus du Moyen Orient.

Est-ce aux mutations génétiques que nous devons ce nouveau virus ?

Les virus sont des organismes qui changent tout le temps, ils ont un patrimoine génétique qui peut se combiner de différentes manières, qui peut prélever des composantes sur un autre virus et acquérir de nouvelles propriétés grâce à cette séquence de gènes prélevée. Ce qui implique que l’émergence de nouveaux virus est un phénomène qui peut se reproduire à l’infini. Cependant, si le monde n’était pas outillé pour détecter et surveiller ces phénomènes, la multiplication de laboratoires de virologie performants et les systèmes de surveillance permettent, désormais, d’établir les émergences. Le virus de la grippe aviaire H7N9, apparu en Chine, a très vite, et contrairement à 2003, été déclaré à l’OMS et, grâce au système de surveillance et aux mesures prises (fermeture des marchés de volaille et isolation de celle-ci par rapport à l’homme), l’épidémie est en train de se résorber.

Quels sont les symptômes des coronavirus ?

Les symptômes connus sont ceux observés sur les 55 cas déclarés, à savoir une maladie pulmonaire grave ou pneumonie sévère : atteinte du parenchyme pulmonaire, qui ne concerne donc pas les voies respiratoires mais le poumon, occasionnant une insuffisance respiratoire pouvant nécessiter une ventilation artificielle du malade. Cependant, les données concernant ce virus ne sont pas encore complètes et certains symptômes pourraient être imperceptibles. Les prélèvements effectués dans la sphère naso-pharyngée sont inutiles puisqu’il faut aller chercher en profondeur dans les poumons les souches virales.

Ce même virus pourrait-il agir différemment suivant le sujet atteint ?

Le premier cas tunisien contaminé au Moyen-Orient a développé une maladie pulmonaire grave et a contaminé lui-même ses deux enfants, lesquels n’ont présenté aucun symptôme grave et l’un des deux n’a même eu que de très légers signes de la maladie. Ce qui nous amène à supposer que certaines formes de la maladie pourraient être atténuées ou inapparentes au niveau de la population. Une autre caractéristique de ce virus est qu’il touche les personnes âgées ou présentant des comorbidités. La vulnérabilité d’un sujet est donc fonction de son profil de santé. Par ailleurs, et autre particularité de ce virus, c’est qu’il n’est pas fortement transmissible. La contamination n’a lieu qu’à la faveur de contacts étroits et prolongés avec la personne atteinte, comme c’est le cas pour des personnes vivant sous le même toit ou en milieu hospitalier.

Quelle catégorie de population est concernée par cette maladie ?

Sont suspectées d’être atteintes par le coronavirus les personnes présentant une pneumonie sévère et ayant séjourné dans un des pays du Moyen-Orient, en l’occurrence l’Arabie Saoudite, la Jordanie, le Qatar, les Emirats.

Le coronavirus est-il, dans tous les cas, mortel ?

Le taux de létalité est, actuellement, de 56,4% (31 décès sur les 55 cas). En Tunisie, nous avons deux cas confirmés, l’un accompagnant l’autre au Moyen Orient et qui était son père, et un suspect n’ayant pas quitté le territoire mais ayant contracté le virus en Tunisie.

Quel est le mode de transmission de ce virus ?

Il est identique au mode de transmission du virus de la grippe, à savoir par voie respiratoire, à travers les gouttelettes émises lors de la respiration, de l’éternuement ou la toux, également par le biais de surfaces contaminées mais dont le rôle dans la transmission est limité car le virus n’y survit pas longtemps.

Existe-t-il un vaccin ?

Les firmes pharmaceutiques obéissant à la loi des marchés et étant donné le nombre limité des cas atteints, celles-ci ne voient aucun intérêt économique à fabriquer un vaccin contre ce virus. Sachant qu’en émettre un occasionnerait d’énormes coûts par rapport à sa rentabilité. 

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