Les résultats d’une étude clinique menée par le département d’oncologie médicale à l’Institut Gustave Roussy et présentée au congrès de l’ASCO (American Society of Clinical Oncology) vont modifier les standards de traitement des patients atteints d’un cancer métastatique de la prostate. Ce traitement n’avait pas évolué depuis qui étaient restés sans grand changement depuis 70 ans. Ces résultats sont un changement majeur dans la prise en charge des patients diagnostiqués d’emblée d’un cancer métastatique de la prostate.
Avant les patients atteints d’un cancer métastatique de la prostate étaient classiquement traités par hormonothérapie conventionnelle afin d’inhiber la fabrication de la testostérone par les testicules. En 2015 l’ajout d’une chimiothérapie au traitement hormonal dès le diagnostic a démontré une grande efficacité.

Abiratérone est une hormonothérapie de nouvelle génération

L’étude qui a porté sur l’abiratérone est une hormonothérapie de nouvelle génération qui empêche la production d’hormones androgènes par les glandes surrénales et la cellule cancéreuse elle-même. Cette association diminue d’environ 40 % le risque de décès et de plus de 50 % le risque de rechute du cancer. Ainsi, ajouter un nouvel antihormonal au traitement standard contre le cancer agressif de la prostate s’est avéré très efficace.
L’ajout de l’abiratérone à l’hormonothérapie conventionnelle améliore non seulement le pronostic de ces patients (survie globale et survie sans progression de la maladie) mais aussi l’ensemble des complications liées à la maladie. La survenue de complications osseuses (douleurs, fracture, compression médullaire due à l’envahissement tumoral d’une vertèbre) seront décalées dans le temps.
L’abiratérone se positionne comme un nouveau standard dans les formes métastatiques à haut risque. « L’avantage de
ce médicament est qu’il s’agit d’un traitement oral qui est habituellement bien toléré. Ces importants résultats sont une très bonne nouvelle pour ces patients et nous pensons que le bénéfice sera encore meilleur avec un suivi plus long », espère le Pr Fizazi directeur de l’étude