L’étude PACIFIC ouvre la voie à une nouvelle immunothérapie pour le cancer du poumon inopérable

L’étude PACIFIC est un essai contrôlé versus placebo de phase 3, qui a évalué le rôle d’un inhibiteur du PD-L1 dans le cancer du poumon non à petites cellules de stade III localement avancé et non opérable. Cette étude prometteuse a été publiée dans « New England Journal of Medicine ». Les patients concernés avaient une maladie qui n’avait pas encore progressé après avoir reçu au moins deux cycles de chimiothérapie à base de platine en même temps qu’une radiothérapie, soit une radio-chimiothérapie. L’essai clinique a rassemblé 713 patients tirés au sort pour recevoir pendant une année, soit un anticorps anti-PD-L1, le durvalumab, soit un placebo.

Les cancers du poumon stade III non opérables (où la totalité du cancer ne peut pas être enlevée par la chirurgie) représentent le tiers de tous les malades souffrant de cancer du poumon non à petites cellules. Ce sont des tumeurs primitives localement avancées, soit avec une atteinte médiastinale, soit une atteinte des ganglions lymphatiques du médiastin. La radio-chimiothérapie est la norme de traitement de ce cancer du poumon non à petites cellules de stade III, mais seulement 15% des patients sont encore en vie 5 ans après une radio-chimiothérapie, et ce pourcentage reste largement le même malgré plusieurs essais randomisés intégrant différentes options de traitement.

Dans l’étude PACIFIC, des événements indésirables liés au traitement sont observé chez 67,8% des patients du groupe durvalumab, contre 53,4% des patients du groupe placebo. Le taux d’événements indésirables de type immunitaire est de 24,2% avec le durvalumab et de 8,1% avec le placebo. Le traitement a été interrompu en raison d’une pneumonie chez 6,3% des patients qui avaient reçu du durvalumab et 4,3% chez ceux ayant reçu un placebo.
Dans l’ensemble, il existe une légère augmentation des effets secondaires soulignés dans le groupe recevant du durvalumab, mais les taux d’événements indésirables graves liés à l’immunité, dont le risque théoriquement majoré de pneumonie après radio-chimiothérapie préalable, ne sont pas significativement plus fréquents dans le groupe ayant été traité par du durvalumab.

Dans ce contexte, les résultats de l’étude PACIFIC soutiennent largement l’intégration d’un inhibiteur du PD-L1 dans la stratégie de traitement du cancer du poumon non à petites cellules avancé et non opérable, y compris après radio-chimiothérapie. Cette étude clinique ouvre une voie prometteuse à d’autres essais dans les cancers du poumon de stade moins élevés et opérables, mais également avec un risque culminant de rechute.