Aspartame et dose toxique

Une étude de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) publiée le 10 décembre 2013 a conclu à l’innocuité de l’aspartame.

Pour la Efsa, « les niveaux actuels d’exposition » à ce « faux sucre » utilisé dans plus de 6.000 produits (sodas, yaourts, desserts, médicaments, etc.) ne pose pas de problème de toxicité.
Docteur Alicja Mortensen, présidente du groupe scientifique de l’Efsa sur les additifs alimentaires, précise que la dose journalière acceptable (DJA) actuelle de 40 mg/kg/jour constitue « une protection adéquate pour la population générale ».

Concrètement, cela signifie que pour atteindre cette DJA, un adulte de 60 kg devrait sucrer quotidiennement son café avec une centaine de sucrettes à l’aspartame ou avaler quotidiennement douze canettes de boissons light, dosées au niveau maximum autorisé, ce qui est rarement le cas.

Selon l’Efsa, il n’existe pas de risque potentiel que l’aspartame puisse provoquer un cancer ou affecter le fonctionnement cognitif des enfants et des adultes. En ce qui concerne la grossesse, les experts ont également exclu le risque pour le développement du fœtus, sauf chez les femmes enceintes souffrant de phénylcétonurie, une maladie génétique rare.

Mais la polémique n’en cesse pas pour autant : le Réseau environnement santé (RES) et diverses ONG s’indignent et réclament des études réellement indépendantes, soulignant que la dose journalière de 40 mg/kg/jour a été édictée sur la base d’études issues de l’industrie, datant des années 70, et non pas d’études scientifiques. Pour ces derniers, « l’Efsa continue de produire des avis au mépris des règles de base de la déontologie de l’expertise et de couvrir ainsi une fraude manifeste ».
Le réseau demande la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire en France et en Europe sur ces manquements graves, tant de l’Efsa que de l’Anses concernant l’aspartame.

Si les soupçons qui pèsent sur l’aspartame sont donc loin d’être levés, il existe un large consensus scientifique sur le fait que ces édulcorants ne favorisent en rien une perte de poids. Bien au contraire, la frustration engendrant souvent un effet de compensation.