Les particules polluantes fines responsables de néphropathies

Alors que la COP23 a ouvert le 06 novembre 2017 à Bonn en Allemagne, l’urgence climatique et sanitaire est plus que jamais au coeur des débats. Selon une nouvelle étude américaine présentée dans le cadre du congrès de l’American Society of Nephrology (ASN) qui s’est tenu cette semaine à la Nouvelle-Orléans, plus de 10,7 millions cas de maladies rénales par an seraient directement imputables aux particules fines. Benjamin Bowe, chercheur au centre d’épidémiologie clinique du système de santé à Saint Louis et auteur principal de l’étude, avait antérieurement démontré une association entre l’augmentation des niveaux de particules fines et le risque de développer une insuffisance rénale chronique (IRC). Dans ces nouveaux travaux, les chercheurs ont utilisé des données épidémiologiques de la charge mondiale de morbidités pour analyser le lien entre concentration de particules polluantes fines et l’insuffisance rénale chronique (IRC). Ils ont également croisé des données prenant en compte les années de vie des patients avec la maladie rénale, ainsi les risques de mortalités précoces attribuables à cette affection rénale.
Selon les auteurs de l’étude, le taux de prévalence de l’insuffisance rénale chronique varie considérablement selon la géographie, avec des valeurs plus élevées en Amérique centrale et en Asie du Sud. La pollution de l’air pourrait expliquer au moins en partie l’augmentation de l’incidence de cette néphropathie dans de nombreuses régions du monde, ainsi que l’augmentation de la néphropathie mésoaméricaine au Mexique et en Amérique centrale.
C’est une étonnante épidémie d’insuffisance rénale qui affecte actuellement certains pays d’Amérique Centrale comme le Salvador, le Costa Rica et le Nicaragua, la néphropathie mésoaméricaine, provoquant 2800 cas de décès durant la période de 2004 à 2009, a rapporté l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Au Salvador, par exemple, c’est désormais la deuxième cause de décès chez les hommes. La néphropathie mésoaméricaine touche principalement les coupeurs de cannes à sucre.