Lutte contre la violence dans les hôpitaux et les espaces sanitaires

Louable initiative de la part de l’Association tunisienne pour la promotion de la santé que d’organiser, les 14 et 15 mai derniers, une session de formation sur
« la lutte contre la violence dans les hôpitaux et les espaces sanitaires » et ce en faveur des agents d’accueil et de relation avec les citoyens, le corps médical et paramédical et enfin le personnel des différents centres de soins, des pharmacies et des urgences.
Dans son discours d’ouverture, le Ministre de la santé, Abdellatif Mekki, a, d’emblée, indiqué que l’unité de la législation et des conflits, relative au Ministère de la santé, a lancé des poursuites judiciaires contre les auteurs de 327 cas d’agressions et de violences durant l’année 2012 dans les établissements de santé publique, y compris 62 cas d’agressions dans les services d’urgence.
Selon le premier responsable du secteur, la propagation de ce phénomène est à l’origine de la pénurie de personnel, au manque flagrant de communication entre les patients et leurs accompagnateurs et les employés. Selon le ministre, ces résultats sont issus d’une étude réalisée dans les éta-
blissements publics de santé.
Abdellatif Mekki a informé qu’une cellule centrale au sein de son département a été créée cette année et est chargée de la formation des gardiens et des agents d’accueil aux urgences. Ladite cellule aura à généraliser l’installation des caméras de surveillance dans tous les hôpitaux et à organiser des campagnes de sensibilisation contre la violence à travers les médias.
L’une des présentations les plus intéressantes à suivre était celle du Pr Hamza Essadam, chirurgien, ancien professeur universitaire auprès du Ministère de la santé publique, retraité. « La Tunisie est un pays non violent et tous les violents de la terre viennent se réfugier ici », a-t-il dit, citant les noms de Alyssa, Garibaldi, les Russes blancs, Yasser Arafat…
Pour appuyer ses dires, l’intervenant a expliqué que la Tunisie est un pays qui a donné naissance à la démocratie à l’époque de Carthage et où, à l’issue des élections politiques, deux dirigeants avaient un mandat d’une année non renouvelable, alors qu’à Athènes il y avait la royauté.
Au troisième chapitre de la violence, il a été question de la qualité de la médecine. A ce propos, le Pr Essadam a expliqué que la Tunisie est une terre où la médecine est anciennement établie et dispose de 20 siècles de decrets médicaux. « Le malade était donc bien traité et n’était pas agressif. C’était une médecine gratuite, de sorte que l’autre facteur à l’origine de la violence était supprimé », a-t-il précisé. Pour le conférencier, il est impératif, aujourd’hui, de reprendre l’histoire médicale de ce pays pour résoudre le problème de la violence.
Dans son intervention, Youcef Hammami, Responsable à l’inspection administrative et financière de la santé publique, s’est étalé sur le volet des textes universels de droit ou des lois internes de la Tunisie. Pour lui, le statut de la fonction publique interdit toute forme de violence verbale ou physique. « Les solutions, face à cette violence, résident dans la sensibilisation des agents de la santé publique à un comportement visant le bon accueil des patients et la nécessité des mass-média de sensibiliser les patients et leurs accompagnants », a-t-il préconisé.
Pour le Dr Kamel Yangui, médecin spécialisé dans le sevrage tabagique et un des membres fondateurs de l’Association, parmi les solutions existantes, « il faut désengorger nos urgences par une meilleure planification de l’architecture existante qui, à mon avis, mène à ces problèmes d’agressivité. Il ne faut pas, également, oublier la qualité des soins qui, parfois, cause l’insatisfaction des patients et se manifeste par l’agressivité de ces derniers ». 

N.O M