Ne pas porter d’audioprothèse lorsque l’on en a besoin, est nuisible pour la santé

C’est le bilan de travaux français publiés en début d’année dans la revue Journals of Gerontology.
Le coût d’une audioprothèse est dissuasif pour de nombreux Français : en moyenne, l’appareillage coûte 1.535 euros, dont un montant de 958 euros reste à la charge du patient, selon le syndicat professionnel UNSAF.

Les chercheurs français ont suivi pendant 25 ans (1989-2015) 3.577 habitants de Gironde et Dordogne âgés de 65 ans ou plus.
Les tests des capacités cognitives montrent un déclin significativement accéléré chez ceux qui auraient besoin d’un appareil auditif mais n’en portent pas. Chez les personnes portant un appareil auditif, les risques sont moindres, analogues à celles déclarant ne pas avoir de problème d’audition.
Pour les démences, le taux de démence observé dans le groupe non-équipé en dépit de besoins était supérieur de 18% de celui observé dans les autres groupes.
En prenant en compte l’incertitude associée à toute recherche sur un échantillon réduit de la population, les chercheurs estiment que le sur-risque dans la population générale est dans une fourchette de valeurs comprise entre 2% et 38%.
Quoique l’étude se soit contentée de dresser un bilan épidémiologique, ses résultats ne sont pas sans implications d’ordre politique ou économique, ce que n’a pas manqué de faire valoir le syndicat des audioprothésistes (UNSAF). Partant de l’hypothèse moyenne d’un sur-risque de l’ordre de 18%, Jean de Kervasdoué, du Conservatoire national des arts et métiers, a ainsi expliqué que « le rapport entre le coût d’une audioprothèse et les économies sur les dépenses de santé est de un à dix. C’est rarissime que l’on trouve ce genre de chiffre. C’est le cas par exemple avec la vaccination ».
En France déjà deux millions de français portent un appareil auditif, a rappelé l’UNSAF, un million de plus pourraient en avoir besoin, dont deux tiers seraient susceptibles de s’équiper si le coût était moins élevé. L’organisation professionnelle des audioprothésistes a plaidé pour une réforme en deux temps, qui coûterait 340 millions d’euros par an à l’Assurance-maladie, pour que les appareils soient mieux remboursés dès 2018, et entièrement à partir de 2020.