Les violences sous rayons X

Exerçant au service des urgences du Brigham and Women’s Hospital de Boston, le Dr Bharti Khuran a assisté à un congrès annuel de la Société Nord-américaine de Radiologie à Chicago où il a évoqué le cas d’une jeune femme s’étant présentée pour une consultation à l’occasion d’une fracture du nez et dont les clichés radiologiques montraient une précédente fracture. Interpellé et explorant le dossier médical de la patiente, le médecin a découvert que celle-ci avait aussi précédemment souffert d’une fracture du poignet sans que son médecin traitant ne détecte de violences conjugales. Fort de ce constat, le Dr Bharti Khuran s’est alors lancé dans une étude pour mieux cerner les apports de la radiologie dans ce type de circonstances, mettant l’accent sur quelques blessures caractéristiques. Ainsi les gonflements, les contusions et les hématomes au niveau des tissus mous, les fractures au niveau des extrémités et de la face. Le praticien ajoute que « certaines blessures doivent évoquer ce type de violences. Mais les situations sont toujours complexes », puis que « les images peuvent aussi détecter les blessures antérieures. Elles parlent parfois plus que les patientes ». Le principe consiste ensuite à relier les éléments entre eux et à en discuter au sein de l’équipe médicale.