Les tabagiques sont deux fois plus à risques de développer un lupus érythémateux

Un lupus érythémateux se déclare par des éruptions cutanées, des douleurs ostéo-musculaires et dans certains cas une anomalie rénale. Si cette maladie auto-immune est encore mal connue, l’identification des facteurs de risque progresse. Il existe plusieurs facteurs de risques de cette maladie lupique comme l’hérédité et l’exposition à des produits polluants comme les insecticides… Et il y a aussi le tabac.
C’est une étude parue dans « Annals of Rheumatic Diseases » qui démontre que les fumeurs sont plus à risque de développer une forme de lupus, le lupus érythémateux disséminé.
Le sevrage tabagique permet de limiter la probabilité de souffrir de cette pathologie.
Le lupus érythémateux disséminé est une forme fréquente de lupus, qui se caractérise par la présence d’anticorps anti-ADN dans le corps des malades atteints de cette affection cutanée auto-immune.

Pour arriver à ces résultats, les scientifiques américains de l’école de médecine de Harvard se sont appuyés sur une large étude américaine, réalisée auprès des infirmières exerçant dans le pays pendant de nombreuses années. Parmi les nombreuses femmes suivies depuis les années 1980, dans cette cohorte, un peu plus de 400 souffrent d’un lupus érythémateux disséminé. Au sein de ce groupe, les fumeuses sont nettement désavantagées, puisque ces femmes avaient doublement le risque d’être atteinte par un lupus.
Les scientifiques américains ont évalué que le risque de présenter des auto-anticorps spécifiques à cette maladie est doublé. Risque qui diminue chez celles qui ont réalisé un sevrage tabagique.

Ces observations cliniques confirment les résultats d’études précédentes. Il est à souligner que le lupus érythémateux affecte neuf fois plus les femmes que les hommes. Un autre résultat important est que le nombre de cigarettes consommées en un an est associé au lupus. Les infirmières ayant fumé plus de 10 cigarettes dans l’année sont 60 % plus à risque.

Cette corrélation pourrait s’expliquer par plusieurs mécanismes du tabac sur l’organisme, on savait déjà que la consommation de cigarettes élève le stress oxydatif et la production de molécules inflammatoires et que les cigarettes favorisent les modifications de l’expression génétique et les mutations génétiques.