VIH et traitement précoce des nourrissons

Certains patients séropositifs au VIH parviennent à contrôler leur contamination sans aucune prise en charge. C’est le cas d’un jeune française âgée de 18 ans et dont le cas a été présenté à la huitième conférence de l’International AIDS Society (IAS) organisée du 19 au 22 juillet 2015 à Vancouver au Canada.

La jeune fille a présenté une  charge virale presque indécelable, une démonstration que la prise d’un traitement antiviral d’une manière précoce donne de bons résultats.

La jeune fille a été infectée durant la fin de la grossesse de sa mère, elle a été soumise à une prise en charge antirétrovirale jusqu’à l’âge de 6 ans.

Le Dr Asier Saez Cirion de l’Institut Pasteur co-auteur de l’étude française et  qui a présenté ce cas a indiqué : « Ce premier cas mondial montre qu’une rémission prolongée peut être obtenue après un traitement précoce chez un enfant infecté par le VIH ». La patiente a été soumise à un traitement lourd à l’âge de deux mois combinant quatre antirétroviraux et ce pendant une durée de six ans, puis cette prise en charge a été arrêtée. Après une année,  Dr Asier Saez Cirion a indiqué que la charge virale a été presque indétectable chez la fillette avec moins de 50 copies d’ARN-VIH par ml de sang et il a été décidé de ne pas remettre en place le traitement. La jeune fille a maintenant plus de 18 ans et presque aucune charge n’a été décelée.

Cette rémission reste inexpliquée. Cependant, l’administration d’un traitement précoce contre le VIH permet de limiter les réservoirs du virus et permet une préservation du système immunitaire. Le Dr Asier Saez Cirion a souligné : « Cette enfant ne présente aucun des facteurs génétiques connus pour être associés à un contrôle naturel de l’infection. Selon toute vraisemblance, c’est le fait de recevoir le traitement très tôt après son infection avec une association d’antirétroviraux qui lui permet d’être en rémission virologique depuis longtemps ».

Par ailleurs, il s’agit d’une rémission et non pas une guérison.  C’est comme ce fut le cas du nourrisson américain en 2013. L’évolution de l’état de santé de la jeune fille reste impossible à prédire.

Cependant, ces rares cas permettent de plaider pour en faveur d’une prise en charge précoce, après la naissance, par un traitement antirétroviral pour les enfants infectés du virus VIH lors d’une transmission virale mère-enfant.