Journée mondiale de la sclérose en plaques

L’Association tunisienne de la sclérose en plaques (ATSEP) a célébré, le samedi 16 mai 2014 à Tunis,  la Journée mondiale de la sclérose en plaques. Cette maladie auto-immune chronique qui affecte le système nerveux central (le cerveau et la moelle épinière) reste méconnue dans notre pays. Le but de cette rencontre était de contribuer à faire connaître cette pathologie neurologique et diffuser les bonnes informations actuelles sur la prise en charge des patients et les nouvelles thérapeutiques.

 

Hela Kochbati

La célébration de cette journée internationale a été une manifestation scientifique et culturelle. Le volet scientifique a comporté deux communications. La première a été celle de Gilles Edan, académicien neurologue et éminent chercheur à l’Institut des neurosciences cliniques  de Rennes. Sa communication a porté sur la sclérose en plaques  et l’évolution de sa prise en charge en  évoquant les nouvelles thérapeutiques conçues de 2007 à 2014, ainsi que les perspectives pour 2021.

La seconde communication a été donnée par Dr Abdelmajid Abid  de l’Institut national de nutrition. Elle a porté sur la présentation des aliments nécessaires pour les patients de la sclérose en plaques, afin d’avoir une nutrition saine. Les malades de la SEP  doivent, donc, éviter les matières grasses et l’alimentation rapide puis ils doivent avoir une alimentation équilibrée (légumes et fruits frais, condiments, épices et plantes aromatiques comestibles). Une personne atteinte de sclérose en plaques et qui n’a pas une alimentation saine risque de voir sa maladie s’exprimer davantage. Pour cette raison, l’intervention d’un nutritionniste ou d’un diététicien dans la prise en charge du patient est importante. Cela pourrait aider le patient à avoir un régime équilibré, pour que les facteurs de bonnes santé se conjuguent, afin d’éviter d’autres risques qui, éventuellement, sur une personne vulnérable, ne font qu’engendrer des complications dans sa prise en charge. En effet, l’alimentation des malades sera fondamentale dans  l’émergence et l’évolution de la maladie. Des recherches ont été menées sur la bonne alimentation des patients de la SEP et sont disponibles. Une nutrition saine ne peut empêcher des interactions immunologiques, mais permet d’atténuer les conséquences de séquelles indésirables. La sclérose en plaques est une maladie  neurologique  et multifactorielle. Les facteurs environnementaux sont plus importants que les facteurs génétiques au cours de cette maladie. Ce malaise a plus touché les femmes que les hommes durant cette décennie. A l’échelle globale, avant les années 90, cette dégénérescence nerveuse a été évaluée de deux femmes pour un homme et, aujourd’hui, elle affecte trois femmes pour un homme.  La SEP touche une population de 80.000 personnes en France, 75.000 au Canada, 10.000 en Suisse. Elle affecte  environ 9.000 personnes dans notre pays. Le diagnostic se fait par une imagerie à résonnance magnétique (IRM) qui permet de focaliser les lésions cérébrales. La maladie est imprévisible, elle est insidieuse et peut survenir à tout âge, entre 15 ans et 65 ans. Cette pathologie neurologique est variable selon ses deux formes évolutives: l’une rémittente et l’autre progressive qui est caractérisée par la survenue,  après l’apparition de poussées, d’une phase grave induisant un handicap neurologique. Les formes à poussées sont généralement décelées entre 20 et 40 ans et se caractérisent par des lésions focales dans le cerveau. La maladie devient handicapante  au cours de la phase progressive et diffuse. Cette forme d’emblée apparaît après 40 ans et se fait sans épisodes de poussées. Les facteurs de risques pour cette maladie sont les troubles immunologiques, la carence en vitamine D et le tabagisme. 

Les thérapeutiques récentes présentent une avancée à pas de géants. La prise en charge des patients se fait selon la symptomatologie et l’évolution de la maladie. Elle se fait par une dimension pluridisciplinaire et intègre des médicaments immuno-modulateurs, aussi immunosuppresseurs. qualité de vie. Cette journée d’échange et d’interaction entre les spécialistes et les malades a été une lueur d’espoir pour les patients présents. Les traitements du futur sont prometteurs.  Et comme dit un proverbe chinois : « Le plus long pour tous les voyages commence par un tout petit pas ». 

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