France : études sur Tchernobyl et incidence du cancer de la thyroïde

Le Bulletin épidémiologique hebdomadaire publie, le 26 avril 2016, une série de travaux, éclairée par un éditorial de François Bourdillon et de Jacques Repussard, respectivement directeur général de l’Institut de veille sanitaire et directeur général de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, qui revient sur les liens entre le cancer de la thyroïde et l’explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl qui a ravagé une région entière le 26 avril 1986. 
Ces études confirment que l’incidence du cancer de la thyroïde à travers le monde a fortement augmenté au cours des trente dernières années mais, selon les éditorialistes, les incohérences géographiques relevées (augmentation la plus forte en Isère, Gironde et Vendée et la plus faible dans le Bas-Rhin et le Haut-Rhin) infirment l’effet Tchernobyl, cette augmentation d’incidence du cancer de la thyroïde semblant être expliquée par une multiplication des diagnostics (observation d’une incidence plus forte dans les populations consommatrices de soins) liée au caractère systématique du dépistage. Or, ces sur-diagnostics constituent en eux-mêmes un problème de santé publique car ils débouchent généralement sur une intervention chirurgicale potentiellement dommageable ainsi que sur la mise en route d’un traitement duquel la personne dépendra à vie, avec des surcoûts apparemment injustifiés, le nombre de diagnostics de ces cancers demeurant sans expression clinique en l’absence de traitement.
Une source d’enseignement à retenir pour les autres pays exposés au risque de tels accidents.

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