Un test auditif pour évaluer l’état de conscience du cerveau

C’est en étudiant le système auditif et son impact sur le rythme cardiaque que des chercheurs de l’Inserm – Unité 1227, de l’institut du cerveau et de la moelle épinière à l’hôpital Pitié Salpêtrière, ont découvert qu’il est possible d’évaluer la mesure de conscience du cerveau avec une méthode affinée et plus simple à appliquer que les électroencéphalogrammes.
Lorsqu’un patient pris en charge en neurologie n’est plus capable d’interagir avec son entourage, deux cas se présentent : l’état végétatif ou l’état de conscience minimale. C’est une variabilité fragile qui est effectuée à partir d’un électroencéphalogramme (EEG), d’une imagerie par résonance magnétique à partir d’une IRM fonctionnelle ou d’un PET scan. Des examens cliniques et des tests sont réalisés sur le cerveau de patients. Selon les chercheurs de l’Inserm, ces examens nécessitent soit un équipement lourd, soit des analyses complexes.

Pour affiner le diagnostic et le rendre plus facile d’accès, l’équipe du Pr Jacabo Sitt a évalué l’efficience du test auditif. Il s’agit de faire écouter des séquences sonores au départ répétitives, puis présentant des variations rares et contingentes. Les scientifiques ont pu mesurer par la suite les effets de cette activation externe de l’audition auprès d’un groupe de 127 patients qui étaient soit en état végétatif soit en état de conscience minimale, en effectuant la mesure du rythme cardiaque lors de ces troubles sonores, les modification du rythme cardiaque étant un signe d’une prise de conscience des bruits environnants.
Les résultats scientifiques ont montré que les rythmes cardiaques sont modulés par le test auditif uniquement chez les patients présentant un degré de conscience même infime. En l’absence de variations cardiaques, les médecins peuvent se prononcer sur un état végétatif. Ces observations cliniques sont liées au diagnostic posé grâce à l’EEG.

C’est une grande prouesse médicale. En effet, la différence entre l’état végétatif et l’état de conscience minimale est essentielle pour établir un pronostic sur l’état neurologique du patient, pour informer les proches et mettre au point une prise en charge adéquate.

Après le test clinique sur l’audition, les scientifiques souhaitent œuvrer sur d’autres mécanismes comme la respiration et la dilatation des pupilles pour mieux évaluer l’état de conscience du patient.