Des transfusions sanguines de jeunes donneurs pour contrecarrer la maladie d’Alzheimer

Des chercheurs de l’université de Stanford ont constaté que les perfusions de plasma sanguin de donneurs jeunes à des patients âgés peuvent contribuer à réduire les signes de la maladie d’Alzheimer.

Les premiers résultats prometteurs ont été présentés à la 10ème réunion Clinical Trial on Alzheimer’s Disease à Boston début novembre 2017, démontrant à la fois l’innocuité, la tolérance et la faisabilité d’administrer des transfusions de plasma à ces patients.
Le Dr Sharon Sha, professeur agrégé de neurologie à Stanford, a indiqué que les perfusions de plasma sanguin étaient depuis longtemps utilisées pour d’autres indications en toute sécurité. Les observations ont montré des signes d’amélioration chez les patients d’Alzheimer transfusés, en termes de capacités fonctionnelles et d’autonomie dans les activités du quotidien. Les chercheurs américains de Stanford ont mené cet essai préliminaire, « Plasma », chez 18 participants atteints de la maladie d’Alzheimer à un stade léger à modéré. L’essai clinique a été conçu pour tester une hypothèse posée par de précédentes recherches, soit le fait que des facteurs sanguins de jeunes souris permettaient de rajeunir le tissu cérébral et d’améliorer les performances cognitives chez des souris plus âgées. La biotech Alkahest a collaboré dans cette expérience clinique menée à l’hôpital de Stanford. Deux phases de l’essai clinique ont été considérées. La première est que 9 participants atteints de la maladie d’Alzheimer sous forme légère à modérée ont reçu 4 perfusions hebdomadaires de plasma sanguin provenant de donneurs âgés de 18 à 30 ans, les 9 autres du placebo. La seconde période est qu’après un délai d’élimination de six semaines, les groupes ont été inversés, les participants ayant donc tour à tour servi de témoins. Les patients ont passé plusieurs tests portant sur l’humeur, la cognition et la capacité fonctionnelle avant et après la première période de perfusion de deux mois, puis avant et après la deuxième période de perfusion. Ainsi, le délai total entre la première et la dernière visite d’un participant, était de 6 mois. L’analyse des évaluations aboutit à l’absence de changement significatif dans l’humeur des participants, l’absence de changement de l’état cognitif, mais une amélioration significative dans deux des trois évaluations de la capacité fonctionnelle. Les seuls effets indésirables remarqués sont des irritations après la perfusion du produit sanguin. Un participant a subi un AVC, mais considéré comme non lié au traitement.

Cette nouvelle option de prise en charge est prometteuse pour la capacité fonctionnelle et pour la poursuite du développement clinique d’un produit dérivé de plasma de nouvelle génération pour la maladie d’Alzheimer légère à modérée.