Depuis quelques années, la réputation des Tunisiens a été salie par les quelques malfrats ou jeunes crédules désespérés qui commettent des actes terroristes un peu partout dans le monde au nom de la religion, mettant à mal notre image à l’international et jetant de l’ombre sur tout ce qui peut sortir de bon de notre pays.

Jaouida Ben Aouali

Pourtant, des belles actions il y en a !

Pour preuve, ces médecins tunisiens qui ont participé à la détection d’une nouvelle maladie génétique.

En effet, Lobna Boussofara, Mohamed Denguezli et Rafiaa Nouira, du service de dermatologie et vénérologie à l’hôpital Farhat Hached de Sousse, Wahiba Kraiem du service de dermatologie à l’Hôpital régional de Nabeul, Badreddine Sriha, du service de pathologie anatomique et cytologique au CHU Farhat Hached de Sousse, Ons Mamaï, Sana Bouraoui, Dorra H’mida, Amira Mili, Ilhem Ben Charfeddine, Moez Gribaa, Abdelbasset Amara et Ali Saad, du laboratoire de cytogénétique, de génétique moléculaire et de biologie reproductive au CHU Farhat Hached de Sousse, sont autant de chercheurs tunisiens à avoir participé, avec quatre autres de Singapour, Los Angeles et Paris, à la découverte des carcinomes multiples familiaux palmoplantaires auto-involutifs ou MSPC (Multiple Self-healing Palmoplantar Carcinoma).

Les résultats de leur recherche ont été publiés dans la revue en ligne Journal of Investigative Dermatology en janvier 2015, puis dans le prestigieux Cell Press le 22 septembre 2016.

S’agissant d’une maladie génétique à caractère familial qui se distingue par l’apparition de tumeurs palmo-plantaires dès la petite enfance, évoluant sur plusieurs années avant de disparaître spontanément, c’est une affection qui peut se transformer en cancer, lui conférant toute sa gravité. Constituant une première
mondiale, ces travaux ont mis l’accent sur le lien existant entre le gène NLRP1 (NACHT, Leucine Rich Repeat And Pyrin Domain Containing 1) et certaines maladies génétiques inflammatoires à expression cutanée ou genodermatoses, celles-ci prédisposant aux cancers cutanés, ce qui ouvre une nouvelle voie pour leur prévention.

Outre le recrutement d’autres familles affectées par ces MSPC en France, aux Etats-Unis et en Roumanie, les publications de ces recherches marquent aussi une reconnaissance internationale des travaux de nos scientifiques.
Il faut avouer qu’il y a de quoi être fiers de nos compatriotes, qui montrent au monde que nous ne sommes pas un peuple d’obscurantistes rétrogrades et dont la foi ferme les esprits aux innovations et à la recherche.

Ils ne sont d’ailleurs pas les seuls à redorer un blason moult fois terni par les exactions criminelles,
de nombreux médecins et scientifiques tunisiens ont déjà prouvé leur expertise et leur savoir-faire en matière médicale, il suffit de rappeler, pour ne citer que ces deux exemplesde premières nationales, la séparation, en 2010 à Tunis, de deux siamoises réunies par l’abdomen avec fusion des foies par une équipe médicale dirigée par les Prs Néjib Kaabar et Sadok Essayed ou le remplacement, en 2013, d’une valve aortique sans chirurgie et par voie fémorale par l’équipe du Pr Dhaker Lahidheb.

Toutes nos félicitations et applaudissements à nos Tunisiens récemment reconnus et admis dans le club très fermé des chercheurs internationaux à qui nous souhaitons une grande destinée en termes de recherche.