Vaccin au laser

Procédé sans aiguille et sans l’utilisation d’un adjuvant, un nouveau vaccin vient d’être mis au point. Celui-ci a été développé par des chercheurs de l’Inserm qui l’ont testé sur des souris ayant un mélanome et pourrait être préconisé pour plusieurs pathologies infectieuses. Ce vaccin ciblé est une nouveauté qui pourrait intéresser bon nombre d’industriels pharmaceutiques. Pour le développer, les chercheurs ont isolé un antigène à la surface des cellules du mélanome et l’ont couplé à un récepteur présent au niveau des cellules dendritiques du derme (XCR1). Le récepteur XCR1 se conserve très bien d’une espèce à l’autre. On le retrouve également chez l’homme. Les scientifiques se sont servis d’un laser inoffensif très utilisé chez l’homme pour des soins esthétiques et cosmétiques et qui génère des micropores au niveau de la couche externe de l’épiderme. Ils ont soumis la peau des rongeurs à ce laser puis ont préconisé, in-situ, la solution vaccinale. L’impact a été rapide car les cellules lymphocytaires TCD4+ et TCD8+ ont  été stimulées de manière  très forte et la progression du mélanome a été stoppée pour le premier groupe de rongeurs, tandis qu’une  prévention immunisante contre cette maladie cancéreuse a été constatée pour le second groupe. En effet, des cellules tumorales ont été injectées aux souris du second groupe après immunisation et ces dernières n’ont pas développé de mélanomes. Ce qui mène à conclure que ce vaccin ciblé a été efficace tant dans la prise en charge du mélanome que dans sa prévention. Bernard Malissen, l’un des auteurs de ces travaux, a indiqué : « Il est possible que l’application du laser ait induit une légère inflammation locale qui a stimulé l’activation des cellules immunitaires (les monocytes et les granulocytes), potentialisant la réponse immunitaire provoquée par le vaccin, ce que nous sommes en train de vérifier ». 

Ce nouveau vaccin pourrait être validé pour l’immunisation contre le cancer et contre toutes les maladies infectieuses microbiennes, dont celles à germes bactériens et viraux. Il est facile à manier et aisément transférable du modèle animal à l’homme. Dans ce contexte, certains laboratoires pharmaceutiques ont exprimé leur volonté de procéder à des tests cliniques de ce vaccin ciblé sur l’homme.