14ème édition des Journées de médecine libérale de Bizerte

Les journées ont commencé par une conférence donnée par Pr Imed Ben Ghorbel, du service de médecine interne de l’hôpital de la Rabta, qui a parlé de la maladie de Behcet. Celle-ci, explique Pr Ghorbel, est « une maladie systémique inflammatoire chronique, plus particulièrement une vascularite pouvant toucher les vaisseaux de toutes les tailles (artères de petit, moyen et grand calibres, veinules, veines) dans de multiples organes. » Quant au traitement, Pr Ghorbel estime qu’il « dépend des formes cliniques. Celui des atteintes veineuses est basé sur des anticoagulants associés à des corticoïdes à faible dose du fait de l’inflammation de la paroi et éventuellement à des immunosuppresseurs en cas d’atteinte des gros troncs. » La rubrique « Flash-infos » de ces journées a toutes les caractéristiques d’une formation continue à l’intention des participants qui ont eu l’occasion d’enrichir leurs connaissances en matière de « traitements ciblés en cancérologie : nouvelle approche thérapeutique », « Otite moyenne aigüe de l’enfant : les AINS sont-ils justifiés ? », « Virus oncolytiques », « diabète et tube digestif » et enfin « Troubles érectiles : ultime recours ». Le « symposium Novartis » programmé au cours de ces Journées a porté sur « les nouveautés dans la prise en charge du diabète type 2 ». Pr Insaf Haj Ali, du CHU Charles Nicolle, a brillamment exposé ces nouveautés à une assistance très attentive. Le sujet central de ces Journées a été traité dans le cadre d’une table-ronde sur « la responsabilité du médecin face à un gréviste de la faim », animée par Dr Mohamed Salah Gharbi. Les six sous-thèmes de cette tableronde étaient d’une grande pertinence. Le premier à intervenir était Pr Zouheir Jerbi (réanimateur) qui a parlé des « conséquences de la grève de la faim sur la santé ». Il a été suivi par Pr Zouheir El Hachemi (psychiatre) dont l’intervention a porté sur les « conséquences mentales de la grève de la faim », suivi du Pr Moncef Hamdoun (médecin légiste) qui a parlé, lui, de « l’aspect médico-légal ». Pr Mondher Chaabouni (ex-Président de l’ordre des médecins) a répondu à la question « que dit la déontologie médicale dans ces cas ? ». Et la position de la LTDH a été présentée par M. Mohamed Salah Fliss (ex-membre du comité directeur de la LTDH, ex-prisonnier politique et ex-gréviste de la faim) et par M. Ahmad Galai (membre de l’actuel comité directeur de la LTDH). Mais l’événement de cette table-ronde a été incontestablement l’intervention du Professeur de droit, Bechir Ferchichi, qui a brillamment analysé la « responsabilité pénale du médecin face à un gréviste de la faim ». Evénement, parce que, pour la première fois, un juriste est invité dans une assemblée de scientifiques. Mais aussi parce que l’intervention du Pr Ferchichi a brillé par son importance, sa pertinence et son utilité pour les participants. Le juriste a incontestablement enrichi les connaissances juridiques des médecins présents, mais il les a aussi quelque peu désorientés. Il les a enrichis parce qu’il leur a exposé le modeste arsenal juridique relatif à la problématique de la grève de la faim. Mais il les a aussi désorientés en mettant en exergue les tiraillements juridiques et le conflit des lois, dont certaines interdisent aux médecins de s’approcher du gréviste de la faim, tandis que d’autres le punissent s’il n’intervient pas, notamment les lois qui sanctionnent la nonassistance à personne en danger. La journée du samedi 25 mai a été clôturée par une cérémonie organisée en l’honneur du doyen des militants tunisiens des droits de l’homme, le vénérable Ali Ben Salem. Le lendemain, dimanche 26 mai, les conférences scientifiques se sont poursuivies à un rythme soutenu. Les participants ont écouté avec intérêt Pr Claude Ben Slama qui a parlé de « La prise en charge de l’enfant diabétique en 2013 », Dr Sonia Ben Mrad : « Approche diagnostique devant une toux chronique chez l’adulte », Pr Slim Touati :« Nodules thyroïdiens » et Pr Sami Othman : « L’autisme ». Enfin, Dr Driss Cherif a choisi de parler de l’ « histoire de la médecine de la région de Bizerte de 1850 à 1965, ainsi que de Tawhida Ben Cheikh « première femme médecin dans le monde arabo-musulman ». Avec la science, le droit et l’histoire, le sport a réussi à trouver une petite place dans les Journées de médecine libérale de Bizerte. Celles-ci ont en effet été clôturées par un tournoi de football sixte. Ce tournoi a vu se produire dans un premier temps les enfants de médecins qui, dans un deuxième temps, ont cédé la place aux adultes. Oui, la 14ème édition des Journées de médecine libérale de Bizerte a été vraiment exceptionnelle. 